‹ Une histoireChapitre 10 sur 16 · UNE HIS · texte numérisé non relu

UNE HIS

dite mutuelle j aussi, L fnt-ii pour toutes les enchantement.

Quoique bien plus nie en fait d'instruc restée enfant sous bes de fous-rires succéd remarques sensées, el coup, ainsi qu'Eug;éii en voiture dans la br I.e bon papa promit ( la semaine suivante peu élevée, qui ne danger ; et la journ journée , se termin; nade dont tout le k parce qu'il s'agissait

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nine, et il parut prendre plaisir < comparaisons établies par Eugénie er ses nouvelles connaissances.

« Ma chëre enfant, lui dit-il, ce ( tu vois en ce pays, c'est ce que tu vei à-peu-prës partout; ainsi il t'est fa de prendre une idée de ce monde s'offre à tes yeux en abrégé. Tâche profiter des leçons que tu reçois d notre petit coin de terre , afin de ne nourrir des idées tout-à-fait fausses les jouissances que peut donner la ciété. Remarque qu'ici, et c'est de m( partout , pour une personne dont l'es et le caractère nous conviennent, oi trouve une foule d'autres qui pcu^ bien nous éblouir un moment par 1(

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(le passer pour méchante , et de clian- ^er des semhlans d'amies en ennemies réelles. «

Eii(i;énie baissa la lé te sans répondre.

t< Je suis bien aise, mon bon père, dit Mme Dufougerai à son tour, que vous prémunissiez Eugénie contre les dangers de l'indiscrélion : elle a besoin d'être avertie. Cependant les avertissemens ne produiront pas grand'chose, si elle ne se surveille pas eile-rmême.

— Mais, maman, répondit Eugénie en hésitant un peu , tu me dis toujours qu'il faut de la franchise, .

— Oui sans doute, ma fdle; à tes parens tu peux et tu dois tout dire ; il n'y a point (ï indiscrétion possible avec nous, tandis qu'il y aurait manque de discrétion et de charité, si tu parlais aux demoiselles du Moutiers, je suppose^ des ridi-

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Cilles OU des défauts que tu as pu découvrir dans les demoiselles de Limeuil j et^ aux demoiselles de Limeuil , des travers d'Elisabeth et de Louise.

— Je suis bien certain, dit le bon papa , que notre Eugénie n'est pas capa^ ble de faire ainsi les honneurs de ses amies les unes aux autres j et que, si quelque fâcheuse découverte venait à êlre la suite d'une intimité plus grande, elle ne la confierait qu'à sa mëre, et avec un vif regret. »

Pour cette fois Eugénie baissa tellement la tête, qu'on eût dit qu'elle cherchait quelqu'épingle tombée soudain dans le gazon.

M. Dufougerai, sans s'apercevoir de ce signe involontaire d'une extrême confusion , raconta que, dans son jeune temps, il avait connu plusieurs femmes 51 parfaitement indiscrètes, que, grâce à

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elles, la petite ville qu'elles halj'taient était devenue un enfer, où chacun se haïssait, où chacun se fuyait. « Et cependant, ajouta-l-il, on ne peut dire qu'elles fussent méchanles; elles se bornaient à raconter ce qu'elles avaient entendu ou vu, et à faire part à Icnrs amis et connaissances des défauts de leurs amis et connaissances. Ces récits s'altéraient en passant de bouche en bouche , et semaient partout la discorde... Redresse-toi donc, Eugénie, tu as la mauvaise habitude de pencher la tête en avant quand tu marches; il faut absolument t'en corri^j^er... entends-tu? »

Eugénie releva la tête ; elle était sur des épines : le silence de sa mëre , et plus encore sa conscience , lui faisaient sentir les torls bien graves dont elle s'était rendue coupable au Château, le dimanche précédent, et ceux qu'elle

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avait ajouté aux premiers le matin môme. Au Château, elle avait livré la famille de Limeuil à la risée d'Elisabelli et de Louise; chez elle, elle avait livré au Marne, devant Emma et sa sœur, la famille du Moutiers...

« Bonsoir, ma fille, nous causerons demain, dit M"ie Dufou(jerai à l'instant où Eug^énie, tout émue, s'attendait à commencer, comme de coutume, l'examen de la journée. Tu es fatiguée, il est tard, et nous avons à parler de choses si sérieuses, qu'il faut y apporter toute la liberté d'esprit possible, et tout le temps nécessaire. »

Eugénie se retira donc dans sa chambre avec un poids bien lourd sur le cœur. L'aveu complet de ses torts l'aurait un peu allégé^ il le lui semblait du moins... mais le moment d'après, elle frissonnait de la tête aux pieds à l'idée d'être obli-

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gée de reconnaître tout haut que, selon Texpression de son bon papa, elle avait fait les honneurs de ses amies les unes aux autres.

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