‹ Une invasion prussienne en Hollande en 1787Chapitre 103 sur 167 · CHAPITRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SIXIÈME

d'Amsterdam demandait la démission de neuf conseillers statlioudëriens. Le Conseil entra en délibération. Cependant, les délégués se rendaient auprès de toutes les compagnies pour leur lire le texte de la pétition. Elle fut partout reçue avec acclamation, auxcris, trois fois répétés, de Houzzéel (Hourrah!) Les délégués revinrent à l'Hôtel de ville, pour témoigner de cette unanimité et recevoir la réponse du Conseil. Cette réponse était négative. Les régents refusaient de prendre une résolution illégale. La bourgeoisie refusa de se retirer et recommença ses acclamations. Les conseillers se déclarèrent prêts à céder et Fannoncèrent par la motion suivante : « Ceux qui ne sont pas déclarés déchus de leur poste travailleront, de concert avec le conseil de guerre et la bourgeoisie, à procurer la tranquillité de la ville et à avancer la bonne causée » La nouvelle de cet événement se répandit bientôt, non-seulement à Amsterdam, mais dans toute la Hollande. Des courriers partirent dans toutes les directions pour l'annoncer. La ville prit soudain un air de fête; une foule joyeuse remplissait les rues, témoignant par sa gaieté de la satisfaction qu'elle éprouvait. Le bourgmestre Hooft fut reconduit en triomphe jusqu'à sa maison. On le proclama père de la patrie*. La populace oran-

1 Vérac. De la Haye, 22 avril 1787. Hollande, 571. — Sir

James Harris, Diaries, 24 avril, II, 293. — Gaillard, 108-111.

^ Hendrick Hooft, né en 1716, bourgmestre d'Amsterdam, fils,

giste elle-même nes'opposa pasà ces manifestations; elle en voulait encore à ceux qui, suivant elle, avaient ose tromper le prince. Les neuf conseillers exclus protestèrent contre la mesure dont ils avaient été l'objet. Les conseillers patriotes crurent devoir leur répondre par une déclaration publique que signèrent, entre autres, MM. Hooft, Bicker, Temminck et Jean de Witt.

• M. de Vérac, qui accusait ses amis de procéder avec trop de lenteur, devait enfin être content. Amsterdam rentrait définitivement dans le parti de la France. Les constitués de la bourgeoisie n'avaient fait qu'appliquer a l'avance la constitution proposée par Louis XVI; le Statbouder avait abusé trop souvent de mesures bien moins légales, pour avoir le droit de le leur reprocher. Sir James Harris revenait avec tristesse sur Téchec de ses propres combinaisons : « Si notre plan de coalition avait réussi à Amsterdam, si notre.coup de main avait été frappé à temps, tous les secours de France seraient arrivés trop tard ; mais la force et la vigilance de la faction ont été accrues par l'insuccès et la découverte de nos projets *. »

La ville de Rotterdam crut devoir imiter l'exemple d'Amsterdam. A Rotterdam, comme à Ams-

petit-fils, arrière-petit-fils de bourgmestres de la TÎHe, est conna dans l'histoire de Hollande sous le nom de « Vader Hooft» . Il jouissait d'une popularité extraordinaire, à laquelle contnbaaient sa grande fortune et sa générosité. Il est mort en 1798. > Diariesy II, 253.

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