CHAPITRE VII
Le Stathouder se décide à attaquer la ville d'Utrecht. — Victoire des patriotes, — La province de Hollande donne l'ordre à ses troupes de défendre Utreclit. — L'acte d'union se trouve rompu par l'attaque du Statbouder. — La cour de Prance hlâme la précipitation de la Hollande et se refuse à offrir sa médiation. — Le Roi n'en est pas moins décidé à soutenir ses amis et se décide à des sacrifices pécuniaires. — Sir James Harris part pour l'Angleterre. — il persuade M. Pitt de la nécessité d'une action hardie. — George III consent à avancer de l'argent, pour défendre la cause stathoudérienne, — L'Angleterre prend nettement parti pour Guillaume Y. — Troubles nombreux dans les Pays-Bas. — Le roi de Prusse, encouragé par l'attitude de l'Angleterre, semble vouloir soutenir son beaufrère. -~' Les États de Hollande donnent à une commission souveraine des pouvoirs dictatoriaux. •— Colère inspirée au rhingrave de Salm par cette mesure. — La commission des États organise la défense dans la province de Hollande et la ville d'Utrecbt.
L'onction, fort à la mode dans la langue diplomatique à la fin du siècle dernier, n'empêchait guère la violence. C'était la violence qui l'emportait dans les Pays-Bas. Non pas que dans une lettre au greffier de L. H. P., Guillaume V ne se plaignit avec amertume des bruits que Ton faisait courir sur ses intentions guerrières. Ne disait-on pas qu'il avait envoyé dix-sept courriers pour donner aux
régiments de Gueldre Tordre de marclier? « Tout cela «était une pure invention..., une fausseté insigne..., rien n'était vrai ^ » Le prince d'Orange ne regardait pas l'amour de la vérité comme une vertu stathoudérienne. Tandis qu'il protestait de la pureté de sa conduite, il préparait contre Utrecht un coup de main militaire. Sous les ordres du colonel d'Efferen, les troupes orangistes devaient occuper tous les points par lesquels la ville se trouvait en rapport avec la Hollande. Les communications interceptées, on procéderait au blocus de la cité rebelle, qui serait bientôt forcée de capituler. Le 9 mai, au matin, la nouvelle de la marche en avant des stathoudériens se répandit à Utrecht. Le Conseil se rassembla aussitôt et résolut de repousser la force par la force. De tous côtés, les volontaires s'offrirent pour marcher contre l'ennemi. Sur les deux heures de l'après-midi, on apprit que la petite ville de Vreeswyck allait être prise. Vreeswyck faisait partie de la juridiction d'Utrecht et lui appartenait en propre. Le territoire était envahi. M. d'Averhoult^, Français d'origine et l'un des plus jeunes conseillers d'Utrecht, accepta le commandement des défenseurs de la ville. Six heures du
1 Missive de M. le prince staihouder à M. Fagel, greffier de L. H. P. Niinègue, le 4 mai 1787.
^ M. d*Averhoult éinigraen France après Tinvasion prussienne. Il fut nommé député à l'Assemblée législative, qu'il eut Thonneur de présider. Il y combattit les révolutionnaires et se brûla 4a cervelle pour ne pas tomber entre leurs mains.