CHAPITRE SEPTIÈME
soir venaient de sonner quand il put se mettre en marche, à la tête des miliciens enrégimentés. II n'avait que trois pièces d'artillerie. Les stathoudériens avaient déjà passé Técluse de Vreeswyck^Ils commencèrent le feu : deux patriotes furent tués, et plusieurs blessés. Sans se laisser effrayer, les bourgeois répondirent par une décharge de leurs mousquets et mirent leurs canons en batterie. Le combat ne fut pas de longue durée. Les stathoudériens faiblirent bientôt devant le tir serré de leurs adversaires. Leur retraite se changea en déroute. Officiers et soldats prirent la fuite, laissant de nombreux cadavres, abandonnant armes et bagages. Trois drapeaux tombèrent entre les mains des vainqueurs. La victoire était complète. Les troupes régulières avaient reculé, après avoir engagé une lutte illégale. Les bourgeois couchèrent sur le champ de bataille et poursuivirent, le lendemain matin, un ennemi qui ne se trouva plus.
M. d'Averhoult voulait maintenir ses volontaires sous les armes; il ne put y parvenir. Les femmes, les enfants des combattants les attendaient dans Tangoisse. Ne fallait-il pas les rassurer et leur raconter ce glorieux exploit? L'émoi avait été grand à Utrecht; la satisfaction y fut générale. On exaltait le courage et l'habileté des miliciens. Les chansons guerrières devinrent à la mode : « Les braves d' Utrecht, les braves d'Utrecht sont les vrais fils des vieux Bataves. » Quelques jours plus
tardy dans un nouvel engagement près de Zeist^ les troupes stathoudériennes furent de nouveau mises en déroute. C'était le « doigt de Dieu » qui avait dirigé ces deux combats. La ville fit faire des funérailles solennelles à un jeune patriote tué dans la dernière affaire. Dix mille lettres de faire purt^ encadrées de noir, furent envoyées dans toutes les villes de la République. Ce n'était pas seulement à tJtrecht que l'entreprise maladroite du Stathouder et son échec absolu frappèrent l'attention publique. « Il est vraiment impossible d'exprimer la sensa^ tion que ces nouvelles ont causée à la Haye » , écrivait Vérac. « Toutes ces circonstances portent l'enthousiasme de la liberté à un point qui tient du* déHre*. » M. Smissaert, l'un des conseillers d'Utrecht, disait qu'à Amersfoort les orangistes « étaient tout à la fois désorientés et furieux. Probablement ils vont faire les derniers efforts, mais c'est le hoquet des agonisants*. » Les rédacteurs de la Ga" zette rfeLe/rfe déclarèrent a avoir à remplirle devoir le plus rigoureux qui se fût jamaisprésenté à leurs plumes » , en racontant le combat de Vreesywck. « Il s'agit, continuaient-ils, de sauver la République entière, la Hollande en particulier des fers de Tesclavage. » Le Courrier du Bas-Rhin, organe stathoudérien, après avoir annoncé que les «insur-
' Vérac à Montmorin, 16 mai 1787. Hollande, 571. 2 12 mai 1787. Hollande, 571.