‹ Une invasion prussienne en Hollande en 1787Chapitre 110 sur 167 · CHAPITRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIÈME

Prusse. « Le Roi n'est nullement disposé à avoir des relations directes avec M. le prince de Nassau » , répondait-il invariablement à Thulemeyer. « Il ne prend intérêt au isort de ce prince que relativement à ses liaisons étroites avec Sa Majesté Prussienne * . » Ces liaisons étroites semblaient oubliées à Berlin. Frédéric-Guillaume, toujours partagé entre mademoiselle de Yoss et les illuminés, ne s'inquiétait pasdeson beau-frère. Un mémoire remisa LouisXVI le constatait d'une manière formelle : « Votre Majesté a acquis la certitude que Sa Majesté Prussienne ne fera aucune démarche pour soutenir les prétentions de M. le Stathouder*. » La cour de Versailles se montrait, au contraire, très-décidée à soutenir les patriotes. « Le Roi consent volontiers à leur donner les secours pécuniaires que les circonstances rendront nécessaires » , disait M. de Montmorin, dans une lettre autographe, à Bourgoing. « Je vous confierai que nous regarderons la chose comme assez importante pour ne pas craindre de répandre deux millions, et même le double, si cette somme était nécessaire. Je regarde l'alliance de la République des Provinces -Unies comme d'un intérêt majeur pour la France. Je crois que notre Assemblée finira vers le milieu de la semaine prochaine. Il en est temps; au reste, tout

^ Bourgoing à Montmorin. La Haye, 26 mai 1787. ^ Mémoire de Montmorin adressé au Roi. Ce mémoire est de la main de M. de Rayneval. Hollande. Vol. 572. Pièce 108.

va bien; Temprunt est à peu près rempli^ et je suis bien convaincu que, l'année prochaine, il n'y paraîtra plus, tant le royaume est bon \ » M. de Montmorin voyait l'état de la France sous des couleurs bien favorables. Il est facile, aujourd'hui, de s'en étonner; en 1787, il n'était pas le seul de son opinion. Aux yeux de M. de Vérac, les affaires allaient bien, même en Hollande, et la partie semblait gagnée. Le chevalier Harris renonçait luimême à la lutte. « Il est parti aujourd'hui pour l'Angleterre, laissant tout le monde dans la persuasion qu'il ne reviendrait pas, quelque effort qu'il ait fait pour rassurer ses partisans, et il en résulte un découragement extrême dans le parti. » Le marquis de Vérac se trompait; sir James Harris devait revenir.

Après l'échec de son plan de conciliation entre Amsterdam et le Stathouder, le ministre anglais était resté convaincu que, pour sauver Guillaume V, il fallait avoir recours à d'autres moyens que ceux jusqu'alors employés, a L'assistance étrangère est nécessaire «, écrivait-il au marquis de Carmarthen. « Il faut trouver quelque grande puissance qui consente non-seulement à des secours pécuniaires, mais qui se regarde comme assez intéressée à empêcher la République de devenir une province française, pour déclarer que si

^ Montmorîn, 19 mai 1787.

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