CHAPITRE SEPTIÈME
la France l'envahissait, elle ne verrait pas cette invasion avec indifférence. Avec cet appui, je serais presque aussi sûr du succès que je suis sûr, sans lui, de Téchec. L'Angleterre est la seule puissance à laquelle nos amis regardent; cest de V Angleterre seule qu'ils attendent le salut. » « Ce pays peut être sauvé et racheté » y disait sir James Harris quelques jours plus tard ; » si nous voulons être son sauveur, si nous commençons à grogner, la France tremblera'. » Le langage énergique de sir James Harris devait enfin produire quelque effet. Le 19 mai, il reçut, sur sa demande, Tautorisation de quitter la Haye, pour venir plaider la cause des orangistes auprès du Roi son maître. « J'obéirai avec le plus grand plaisir aux ordres de Sa Majesté » , écrivait-il aussitôt, a Je me mettrai cette nuit même en route. C'est avec plus de plaisir encore que je recevrai les ordres me permettant de retourner armé du tonnerre de Jupiter, de ce tonnerre, au moins, dont il s'est servi pour séduire Danaé. Une pauvre dame en grande détresse m'a demandé de remettre la pétition ci-incluse. » Est-il besoin de dire que cette pauvre dame se nommait Wilhelmine de Prusse? « J'ose conserver Tespoir, disait la princesse, que Votre Majesté voudra être le protecteur et l'appui de notre juste cause, et prévenir ainsi la ruine totale de la République. » Dans un
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mémoire préparé par sir James Harris pour faciliter la discussion des ministres, il avait bien soin d'indiquer* que le mal était plus grand, le remède moins difficile qu'on ne le croyait. La France ne s'aventurera pas dans une guerre. » Sir James Harris avait raison, dans sa clairvoyante fermeté.
Le 23 mai, après un dîner chez le lord chancelier, le cabinet anglais aborda la question hollandaise. M. Pitt n'hésitait pas à admettre Pimménse importance de la Hollande. Mais fallait-il essayer d'arrêter la France dans Taccomplissement de ses projets, ou résister à leur exécution quand elle serait prête à attaquer l'Angleterre? Quelle sorte de secours demandait le parti bien pensant? — « Un secours pécuniaire pour le moment; la promesse d'appui dans l'avenir, si cela était nécessaire, répondit sir James Harris. La France n'est pas prête pour la lutte ; elle ne veut pas combattre pour la possession de la Hollande, mais se servir de la Hollande pour combattre l'Angleterre. Elle n'a ni armée, ni revenu, ni ministère. » — M. Pitt répliqua que bien que la guerre fût seulement possible, mais non probable, sa possibilité seule devait faire réfléchir ' .
Le 24, sir James Harris eut avec M. Pitt une nouvelle conférence, en dehors du Conseil. La conversation fut encore plus précise. M. Pitt se fit
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