‹ Une invasion prussienne en Hollande en 1787Chapitre 115 sur 167 · CHAPITRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIÈME

gës par leur position. « Sa Majesté ne ferait aucune difficulté de leur donner ouvertement ces secours, .non-seulement pour se soutenir, mais pour faire triompher leur cause. » Mieux valait conserver Guillaume y, puisqu'un stathouder était nécessaire. « Quant à l'expulsion totale de la maison de Nassauy elle serait inadmissible et impraticable, et vingt ans de guerre ne suffiraient pas pour la consolider. » « Cette dépêche m'a paru si importante, ajoutait le ministre, que je n'ai pas cru devoir l'envoyer sans l'avoir lue au Roi dans son Conseil^ » « Je vous préviens que cet expédient est un ultimatum n , disait de son côté Rayneval à Bourgoing, « et que, s'il est rejeté, je crains bien qu'on abandonne la barque à la merci des flots. » Quelques jours plus tard, M. de Montmorin, revenant sur ce point, parlait de u l'humeur déjà exaltée du roi de Prusse... Nous sommes certains que M. Harris a réussi à fixer sérieusement l'attention du ministère anglais sur les affaires de Hollande^. L'anéantissement de la République doit être l'objet de

1 Montmorin à Vérac, 11 juin 1787. Hollande, 573, n» 45. La lettre porte en tôte : « Lue et approuvée au Conseil, le

il juinl N

2 Montmorin à Vérac, 23 juin 1787. Hollande, 573, n» 44. Montmorin disait déjà dans sa lettre du 11 juin: «Vous avez à peu près la certitude, et nous Tavons également de notre côté, que M. le chevalier Harris a été autorisé à fournir au parti stathoudérien des secours abondants en argent. Vous les balancerez par ceux que nous fournissons aux patriote.s, mais tous ces moyens De peuvent contribuer qu*à établir une guerre civile, n

r Angleterre, si elle ne parvient pas à l'arracher à notre alliance. »

La République n'était pas anéantie , mais elle était bien malade'. C'était en vain que les chefs honnêtes des patriotes prenaient mesures sur mesures, pour l'arracher à des dangers toujours croissants. Ce n'étaitpas en établissant, auprès du général Van Ryssel, une commission militaire correspondant avec une autre commission siégeant à la Haye, qu'ils pouvaient presser leurs préparatifs de défense, rétablir l'ordre dans l'armée, rappeler les troupes à la discipline. Quelle pouvait être l'obéissance des soldats, alors que le rhingrave de Salm, donnant le premier l'exemple de la révolte, adressait aux sociétés bourgeoises d'Amsterdam d'amers reproches contre le comité de la Haye? « Prêt à verser son sang pour la bonne cause, il ne demandait d'autre récompense de son dévouement. Si les bourgeois voulaient se rallier sous ses étendards, ils pouvaient être assurés d'un plein triomphe contre leurs ennemis. » M. de Vérac avait grand'peine à empêcher Timpression et la publication de ce manifeste révolutionnaire ^ ; mais toute la bonne volonté de l'ambassadeur, comme toute la finesse de M. de Bourgoing, ne pouvaient suppléer à l'absence d'une volonté ferme et d'une direction unique. Les autorités diverses qui se partageaient le

* Vérac à Montmorin, 23 juin 1787.

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