‹ Une invasion prussienne en Hollande en 1787Chapitre 117 sur 167 · CHAPITRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIÈME

mées d'un fâcheux esprit d'indiscipline; les hommes, mécontents de leur chef, passaient au service de l'adversaire, et ce double courant de déserteurs ajoutait au trouble général. Pour retenir les défenseurs de la Hollande, la Commission de Woerden décida d'accorder aux officiers une année entière de paye, à titre de gratification. Les soldats reçurent une augmentation de vingt-quatre sous français par semaine. Cette mesure ne fut pas sans succès. On s'occupait en même temps de pousser activement les travaux de fortification d'Utrecht ; on préparait tout pour une inondation du pays en cas de nécessité suprême. Sous Timpulsion des commissaires, la confiance sembla renaître. Le récit, malheureusement trop vrai, des nouveaux désordres arrivés en Gueldre et en Zélande augmenta encore l'ardeur des patriotes. A Zutphen, à Arnheim, à Middelbourg, la populace orangiste, encouragée ou même soutenue par les soldats, s'était livrée au meurtre et au pillage. On avait noyé et massacré de nombreux patriotes, sous prétexte de les obliger a adopter la cocarde orange ; on avait dévasté leurs maisons pour les punir de leur résistance. En Hollande même, des symptômes de révolte s'étaient manifestés. Un fait plus grave que toutes ces émeutes venait de se produire à la Haye. Les Etats-Généraux, retournés encore une fois par la propagande habile de sir James Harris, étaient revenus sur leur décision au sujet de la dé-

putation d'Utrecht et avaient déclaré que les États d'Amersfoort seuls avaient le droit d'être représentés. Le ministre anglais comptait profiter de ce vote, pour répondre à la demande de médiation française par une proposition en faveur de la médiation commune des grandes puissances spécialement intéressées au sort des Pays-Bas : l'Angleterre, la France, la Prusse et l'Empire. En adressant à sir James Harris tous les éloges du cabinet britannique pour sa conduite en ces circonstances, le marquis de Garmarthen ajoutait : « Pour Dieu, dépéchez-vous d'amener les Hollandais bien disposés à quelque plan actif d'opération. Le moment semble être venu où le coup décisif doit être frappé*. » Lord Garmartben ne croyait pas si bien dire»

1 Le marquis de Garmarlhen à sir JamBs Harris^ de Whitehall, le 26 juin 1787. Diaries, II, 323.

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