‹ Une invasion prussienne en Hollande en 1787Chapitre 12 sur 167 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Il avait été plus loin encore. Par un acte secret, mais « confirmé de leurs signatures réciproques et du sceau de leurs armes ' » , le duc et le Stathouder « s'étaient accordés de la manière que voici , sur les points suivants» : Le duc de Brunswick « s'était engagé et obligé à assister le prince de conseil et d'effet, dans la direction des affaires qui appartiennent tant au département militaire qu'à tous les autres départements quelconques, qui sont du ressort de notre autorité; et de nous seconder en toute chose et dans tous les temps , et aussi souvent que nous l'en requerrons, en avisant et agissant ainsi qu'en bonne conscience il croira devoir le faire pour la conservation de notre dignité, de notre prérogative et de nos droits » .

Le prince, de son côté, s'était « engagé et obligé, de la manière la plus efficace, à garantir pleinement et parfaitement le duc de tout reproche, recherche et responsabilité quelconque, ne voulant pas qu'à ce sujet il rende aucun compte et répondeà qui quece soitautre qu'à nous-mêmes, sans qu'il soit tenu, au cas qu'il nous arrivât de subir le sort de la mortalité, de donner aucune ouverture à qui que ce soit de nos héritiers, successeurs ou ayants cause; beaucoup moins de leur rendre aucun compte n . C'était un blanc-seing que le duc

la Hollande pour 200,000 fl., les autres provinces réunies pour 211,000 fl.

1 En date du 3 mai 1766.

10 UîiE INVASION PRUSSIENNE EN HOLLANDE.

avait reçu y et il sut en profiter. Sans aller jusqu'à dire comme un pamphlétaire de l'ëpoque « que ce vieillard, indigne d'avoir existé, réunissait en lui tous les vices d'un esprit pervers et d'un cœur corrompu ' » , il faut reconnaître qu'il ne laissa guère à son ancien pupille que l'ombre du pouvoir, et qu'il dirigea seul pendant dix-huit ans toutes les affaires, sous le nom du Stathouder. Je n'ai garde de me perdre dans le récit détaillé de son administration; je ne veux étudier aujourd'hui que les rapports des Pays-Bas avec la France, l'Angleterre et la Prusse, et l'action diverse de ces trois puissances sur la République à la fin du siècle dernier.

ce On pourrait croire » , écrivait de la Haye sir James Harris, en décembre 1784, « que l'influence prussienne dans ce pays date du mariage de la princesse d'Orange, qui, déjà très-bien disposée pour sa famille, fut accompagnée par une demoiselle Danckelman qui l'a élevée, et qui est toute dévouée à Sa Majesté Prussienne ; mais ce n'est que lorsque la France commença à former un parti en opposition à celui du Stathouder, que cette influence se fit sentir. Depuis lors, les intérêts des cours de Versailles et de Berlin ont grandi par un mutuel support.

« Pendant notre dernière guerre avec la République, les avis venant de Potsdam n'ont cessé de

' DuMONT-PiGALLE, Esquissc d'un grand tableau, XIV.

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