‹ Une invasion prussienne en Hollande en 1787Chapitre 121 sur 167 · CHAPITRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIÈME

dans deux coups échec et mat; voilà , je le crains, Tëtat de notre jeu. J'espère que vos collègues et vous ne jugerez pas de mes mérites par mon succèSy ou je courrais risque d'aller finir mes jours à la Tour^ » « — Mon cher Harris, répondit lord Garmarthen, ne vous laissez pas décourager par un échec à la Reine; couvrez-la par le chevalier, et tout est sauf. L'incident peut être bon... Si le roi de Prusse n'est pas le plus sale et le plus misérable des rois*, il ressentira cet affront coûte que coûte. J'ai exprimé à son ministre l'idée qu'un corps de troupes recevrait, sans doute, l'ordre de s'ébranler sur la nouvelle de l'arrestation. C'est ce que fera ce monarque, s'il n'est pas vendu h la France. »

A l'ambassade de France, l'effet produit par ces événements fut tout autre. On portait aux nues les commissaires de Woerden. Ils avaient sauvé la République, les patriotes, l'ambassadeur lui-même. a La populace était avertie; plus de deux mille hommes s'étaient rendus vers la Maison du Bois. Il vient de se passer des scènes affreuses en Gueldre

côté des orangistes, les lettres du Stathouder et de sa femme, celles de sir James Harris, les mémoires de M. de Rinck'el, le rapport adressé à Guillaume V par le colonel de Stainford, qui avait pris part au voyage. Du côté de la Prusse, il faut lire les lettres de Frédéric-Guillaume, et les Mémorandum de MM. de Goltz et de Thuiemeyer, rédigés avec un parti pris trop évident. Les journaux de Tépoque aussi sont intéressants à étudier.

i Diaries^ II, 329.

* ti Is not the dirtiest and shabbiest of kings. n. Le marquis de Carmarthen à sir James Harris. Diaries^ II, 329.

et en Zélande. Ces émeutes, multipliées sur difFé* rents points de la Hollande à la fois, ne sont certainement pas l'ouvrage du hasard. La Haye devait être le théâtre de l'émeute la plus sanglante : soixante-seize maisons avaient été d'abord vouées au pillage, et, dans la suite, ce nombre avait été porté à trois cents; celle que j'habite était placée en tète ' . » Dans sa réponse aux dépêches du marquis de Vérac, M. de Montmorin n'hésitait pas à blâmer la conduite de la princesse. « Elle a commis une grande légèreté en voulant pénétrer clandestinement dans la province de Hollande, et nous ne saurions désapprouver le parti que l'on a pris de l'arrêter. Je présume que Ton sera trop sage à Berlin pour approuver sa conduite*. » Tel était aussi Tavis du Rhingrave : « Je sais à ne pouvoir m'y tromper que la Prusse ne songe nullement à prendre parti dans notre querelle*. »

Quel était, cependant, l'effet produit à Berlin par ces nouvelles? Quand arriva le courrier de Hollande, « le Roi était en partie de plaisir dans une maison de chasse » . Ses ministres n'osèrent pas le déranger pour lui envoyer les dépêches. Il rentra en ville le lendemain ; « l'audience dura deux heures et demie » ; au sortir de cette réunion,

> Vérac à Montmorin, 7 juillet 1787.

3 Montmorin à Vérac. De Versailles, 9 juillet 1787. Hollande, 573. Pièce 98.

^ Le rliingrave de Salm à Bourgoing.

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