‹ Une invasion prussienne en Hollande en 1787Chapitre 123 sur 167 · CHAPITRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIÈME

que sa sœur avait dû subir. « On a mi& la princesse dans une auberge, on Ta séparée de sa suite, on a mis des gardes avec des épées nues devant et même dans sa chambre. . • Je ne puis regarder cet attentat énorme contre une personne respectable qui me tient de si près que comme un aFfront personnel fait à moi-même^.» Le Roi exigeait une satisfaction publique et éclatante de cette insulte, une punition exemplaire de ceux qui Font commise, un désaveu public du fait. M. de Montmorin , auquel le comte de Goltz avait communiqué les plaintes de son maître, ramenait dans sa réponse les faits à leur véritable importance* : « Le Roi avait vu avec un véritable déplaisir le désagrément éprouvé par madame la princesse de Nassau, mais Sa Majesté avait observé qu'une partie des faits transmis à Berlin était au moins inexacte et l'autre fort exagérée. Il est essentiel de ne point perdre de vue que madame la princesse de Nassau est inséparable de son époux, qu'elle l'est d'autant plus qu'elle intervient publiquement dans ses affaires, et l'on ne saurait disconvenir que la méfiance à l'égard de

^ Lettre du roi de Prusse à M. le comte de Goltz, 4 juillet 1787. Hollande, 573.

' Lettre de M. le comte de Montmorin à M. le comte de Goltz. 15 juillet 1787. Hollande, 573, n<^ 118. « Il est constant, Monsieur disait encore Montmorin, que personne ne s*est écarté du respect et de la considération dus au rang de Madame la Princesse Statbouder, et surtout à sa naissance, et qu'elle n'a été ni détenue, ni gardée, comme l'annonce votre lettre, n

M. le Stathouder est on ne saurait plus fondée, L'opinion du Roi est qu'en aucun temps Madame la Princesse Stathouder n'aurait dû se rendre à la Haye y à l'insu du souverain. » Le Roi ne se refusait pas, cependant, « à engager les États de Hollande à faire auprès de madame la princesse de Nassau les démarches qui pourraient lui faire oublier ce qui s'est passé ». En transmettant ces do* cuments à Falciola, M. de Montmorin insistait encore sur la sagesse de la Commission de Woerden*. Aux réclamations insolentes du roi de Prusse, comme aux reproches hautains du Stathouder, les États de Hollande ne pouvaient faire qu'une seule réponse : « Tout cela, pour autant que L. N. et G. P. en sont informées, s'est passé d'une manière très-décente, si bien que quelques-uns même de MM. les commissaires, à la réquisition de Son Altesse Royale et pour la sûreté de sa personne, l'ont accompagnée jusqu'à Schoonhoven avec une escorte de cavalerie*. » Il ne suffit pas d'avoir raison pour triompher. C'est en vain que, dans une entrevue avec M, de Thulemeyerchez l'ambassadeur de France, Gyzelaër et Van Berckel s'efForcèrentde témoigner toutes leurs bonnes intentions pour Wilhelmine de Prusse^. M. de Thulemeyer n'était

1 Montmorin à Falciola, 15 juillet 1787. Prusse, 206, n» 84.

^ Extrait des résolutions des États de Hollande.

3 Vérac à Montmorin, Hollande, 572, n» 129.

M. de Gyzelaër alla jusqu'à déclarer : « Guillaume V a tellement

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