‹ Une invasion prussienne en Hollande en 1787Chapitre 126 sur 167 · CHAPITRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIÈME

la médiation radjonction du roi de Prusse, et vous avez été prévenu que le Roi n'y répugnerait pas. Sans doute, elle sera un embarras, mais il est inévitable. » Le ministre avait ajouté de sa propre main : « Quant à l'Angleterre, si son intervention était demandée, il faudrait que la province de Hollande prît cette proposition ad référendum^, » «Le ciel s'embrunit furieusement du côté du Nord» , disait, le même jour, M. de Rayneval à Bourgoing. Le 6 juillet, les États de Hollande prirent la résolution par laquelle ils demandaient la médiation du roi de France. « On est fondé, sous la bénédiction du Tout-Puissant, d'en attendre les suites les plus heureuses pour la République*. » Le 7, la proposition de médiation était soumise aux États- Généraux. Une déclaration de la cour de France annonçait bientôt que Sa Majesté « avait été infiniment sensible à cette marque de confiance, et qu'il était disposé d'y répondre » . La proposition des États de Hollande ne fut prise que ad référendum par les États-Généraux.

Le cabinet de Berlin s'était montré très-touché de l'offrede participer à la médiation. « Cela a surpassé leurs espérances, disait Falciola à Montmorin ; ils m'ont fait répéter la lecture jusqu'à trois et quatre

1 Montmorin à Vérac. Versailles, 2 juillet 1787.

^ Extrait des résolutions des Seigneurs, États de Hollande et de Westfrise, prises dans l'assemblée de L. N* et G. P., le vendredi 6 juillet 1787.

fois, et, ne croyant pas encore leurs oreilles, ils m'ont demandé à s'assurer de leurs propres yeux*.» Dans un long entretien avec le chargé d'affaires de France, M. de Finck lui exposa les vues de son maître sur les mesures à adopter aux Pays-Bas : la cessation préliminaire de toute hostilité; des sacrifices réciproques de la part du Stathouder et des États de Hollande; la restitution au prince de sa charge de capitaine général et de commandant de la Haye; une sage modération imposée aux gazetiers des deux partis^; une satisfaction complète pour les « offenses personnelles » faites à la princesse et, par là, au Roi lui-même. Sa Majesté ne pouvait trop insister sur le dernier point, indignée qu'elle était par ra|)probation complète que les États de Hollande venaient de donner aux commissaires de Woerden. Frédéric-Guillaume nedonnait-il pas la meilleure preuve de son bon vouloir

' Falciola à Montmoriii, le 17 juillet, reçue le 25. Prusse, 206, no 86.

Falciola écrivait déjà le 14 juillet, au reçu de la note française : a Les ministres prussiens, auxquels j'en ai donné sur-lechamp communication, sont transportés de joie de l'offre du Roi d'admettre le roi de Prusse à la médiation des troubles de Hollande. Je n'exagère pas, Monseigneur, en vous assurant qu'ils ont changé de couleur. »

2 Falciola, le 17 juillet, n 11 paraît encore utile et nécessaire qu'on convienne préalablement d'arrêter, par des défenses sévères des souverains, le cours des injures et des invectives que les deux partis répandent dans les gazettes et dans les libelles, qui ne servent qu'à enflammer encore davantage le feu de la discorde et à entretenir le germe de la dissension, t

Page 1