‹ Une invasion prussienne en Hollande en 1787Chapitre 127 sur 167 · CHAPITRE HUITIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIEME

en chargeant M. de Thulemeyer d'une démarche toute spéciale «pour détourner sa sœur de l'idée de faire participer la cour de Londres à la médiation » ? Sir James Harris lui-mémecommençaitàcroireque la colère du roi de Prusse finirait par s'épuiser, et qu'il en viendrait à dire « qu'il ne veut pas déranger ses propres affaires pour arranger celles d'autrui ». L'événement devait démentir cette assertion. Six jours seulement s'étaient écoulés depuis la conférence du comte de Finck avec Falciola, et déjà le cabinet de Berlin adoptait un ton différent. M. de Finck lui-même apprenait au chargé d'affaires de France la mobilisation d'un corps d'armée. « Je vous ai invité a passer chez moi pour vous dire que Sa Majesté a jugé convenable de former un corps de trou[)es, près de WeseP. » La veille encore, M. de Finck avait nié l'existence de tout rassemblement. Falciola ne sut répondre à celte nouvelle qu'en parlant des manœuvres ordonnées par Louis XVI, au camp de Givet. « Elles n'ont d'autre objet que l'exercice du soldat » . — « Il faut toujours dire cela » , répliqua, non sans sourire, M. de Finck. Une nouvelle réponse des États de Hollande avait amené ce changement de tableau. Les États se refusaient à blâmer leur Commission souveraine. M. de Montmorin les en approuvait. « Sa Majesté Prussienne ne peut insister

1 Falciola. Berlin, 21 juillet, 87. Reçue le 30. Prusse, 206 , n»88.

sur la réparation d'une injure qui n'a pas eu lieu.» C'était trop compter sur le bon sens de Frédéric- Guillaumey et trop peu croire à l'alliance de TAiigleterre et de la Prusse.

Le cabinet britannique, entraîné par l'argumentation précise de sir James Harris, n'avait pas tardé à déclarer à la cour de France tout l'intérêt qu'il prenait à la question hollandaise. Le 29 juin, M. Ëden, en écrivant à Montmorin, exprimait l'espoir « qu'il n'y avait pas une différence essentielle entre les sentiments des deux souverains sur ces objets. Il serait affreux de penser que le défaut d'une explication confidentielle amènerait l'explosion d'une flamme dont les suites pourraient être des plus funestes dans toutes les parties du globe ^ » L'escadre anglaise venait de recevoir l'ordre de mettre à la voile, mais la France n'avait rien à craindre de ces évolutions navales. M. de Montmorin répondait, le 2 juillet, à cette affirmation : a Sa Majesté a reçu avec plaisir et confiance l'as* surance que vous nous avez donnée, et elle est persuadée que votre cour n'en prendra pas moins, Monsieur, dans celle que j'ai ordre de vous donner que le rassemblement de tlix à douze mille hommes que Sa Majesté se propose d'ordonner n'a pour objet que l'instruction des troupes. » Quant aux armements de Brest, qui semblaient inquiéter

^ M. Ëden à M. le comte de Montmorin. Hollande, 573, n^ 63.

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