‹ Une invasion prussienne en Hollande en 1787Chapitre 130 sur 167 · CHAPITRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIÈME

plus critique, alors qu'une infâme intrigue allait tout incliner à Potsdam en faveur de la France ; mais les armes victorieuses que je viens de mettre aux mains de nos amis pourront, je l'espère, dompter la cabale. Le comte de Finck, l'un des principaux fauteurs est en proie à la panique. Je viens d'avoir une longue conférence avec lui; non-seulement il a admis tous les points sur lesquels j'insistais, mais il a fait son rapport en conséquence. » La situation de M. de Thulemeyer, à la Haye, devenait de plus en plus difficile. Après avoir déclaré formellement au greffier des États que sa cour désirait éviter l'intervention anglaise, il se voyait forcé, dans les premiers jours d'août, en remettant deux nouveaux mémoires comminatoires, de revenir sur ses premières assertions. « 11 avait reçu l'ordre absolu d'insister en faveur de la médiation de l'Angleterre. » La princesse d'Orange, mêlée plus que jamais a tous les détails de la politique, n'avait pas attendu cette démarche nouvelle. Elle avait écrit de sa propre main au greffier et au principal député de chaque province, pour les in former a que M. de Thulemeyer avait inexactement rapporté les sentiments de son maître, que le Roi son frère, bien loin de vouloir exclure l'Angleterre, désiraitardemmentqu'onl'invitàtà la médiation» , et, dans une note destinée à passer sous les yeux de sir James Harris, elle ajoutait cette phrase significative : « La manière franche et ouverte dont votre

cour s'est expliquée à Berlin a fait le plus grand efFet, et je ne saurais assez vous en témoigner ma reconnaissance. » Déjà Ton annonçait à Nimègue l'arrivée du duc de Brunswick, qui venait pour s'entendre avec la princesse sur tous les détails de l'expédition militaire, u Le feld -maréchal parait tranquille » ^ disait Mirabeau presque au même moment, « mais c'est le sommeil du lion. Pauvres Pays-Bas! » Quant à Guillaume V, on ne parlait guère de lui; il guerroyait contre les États de Hollande. On savait seulement que, dans un accès de colère violente, il avait été jusqu'à dire à sa femme : « Je ne suis entouré ici que de traîtres, et vous en êtes la première, madame. »

L'accord était complet entre la Prusse et l'Angleterre. Le traité d*al]iance offensive et défensive, qui devait être signé au mois d'octobre, était arrêté en principe. Les deux cours se promettaient un mutuel appui pour rétablir le Stathouder et ruiner l'influence française aux Pays-Bas. «r Sa Majesté Prussienne peut être assurée de notre entier concours» , répétait sir James Harris à la princesse. « Nous ferons fort de tenir la France en bride pendant que Sa Majesté agit, et, avec de telles dispositions, quand même la France s* émanciperait, l'exécution, sans être plus difficile, n'en sera que plus glorieuse ^ » Par sa tenace obstination, par

* Sir James Harris à la princesse (l*Orango. En français. Diaries, U, 352.

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