‹ Une invasion prussienne en Hollande en 1787Chapitre 132 sur 167 · CHAPITRE HUITIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIEME

morin a Vérac, vous sentez que dans le dessein où est le Roi d'éviter la guerre, autant qu'il sera possible, vous devez vous occuper essentiellement de calmer les têtes de nos amis ' . » Le Roi n'en était pas moins décidé à « aller au secours de son allié'» , et M. de Montmorin adressait à Falciola une dépêche ostensible pour lui ordonner de se plaindre des préparatifs militaires faits en Westpbalie : a Sa Majesté attend de l'amitié du roi de Prusse qu'il voudra bien changer des mesures qui se concilieraient aussi peu avec l'office de médiateur'. » Dans une lettre particulière, le ministre appuyait sur le manque d'égards » de la cour de Berlin. « Le Roi, si son amour de la paix ne l'emportait sur sa sensibilité, s'exprimerait sur un autre ton. Il vous autorise à rappeler l'intérêt que jusqu'à présent il n'a cessé de prendre à la prospérité de la monarchie prussienne, et de faire entendre que si le roi de Prusse ne fait aucun cas de cet intérêt, nous serons forcés, quoiqu'à regret, de changer de système et de conduite, à l'égard de Sa Majesté Prussienne.

1 Montmorin avait écrit aussi de sa propre main au bas de cette dépêche : « Je vous dirai encore, Monsieur, que si le roi de Prusse ne revient pas sur ce qu'il a fait, en révoquant les ordres qu'il a donnés pour la marche de ses troupes, le Roi non • seulement fera effectuer le camp de Givet, mais même augmentera dans une proportion convenable le nombre des troupes qui doivent le composer. »

* Cette dernière phrase encore est de la main de Montmorin.

' Montmorin à Falciola, 3 août 1787. Hollande, 574.

Le Roi n'abandonnera jamais la Hollande dans aucun état de cause, lorsqu'il sera question d'agression étrangère. Votre langage sera à la fois ferme, modéré et onctueux^. » Dans une nouvelle dépêche du 6 août, Montmorin revenait encore sur ces observations : « Il est h considérer que lorsque des grandes puissances interviennent dans une affaire, elles ont par elles-mêmes un assez grand poids pour que leur influence n'ait pas besoin d'être étayée par la force. En communiquant aux ministres prussiens ce que je vous mande, vous leur conBerez que les dispositions que la cour de Londres manifeste ne laissent rien à désirer^. » C'est un défaut commun à beaucoup d'honnêtes esprits de voir les choses telles qu'ils les souhaitent, et non pas telles qu'elles se présentent. M. de Montmorin avait tort de compter sur la bonne volonté de l'Angleterre, ou sur le succès de ses représentations à la cour de Berlin. Sir James Harris pouvait bien parler de « l'affection et de la bienveillance n de George III pour la République dans un mémoire remis, le 14 août, k L. H. P.; ces belles phrases ne l'empêchaient pas de tout faire pour « presser la grande expédition» . M. de Tliu-

1 Montmorin à Falciola, 3 août 1787.

« J'exprime dans des termes très-modérés, monsieur, dans la dépêche ostensible ci-jointe, la sensation que nous ont causée les dispositions hostiles du roi de Prusse ; il n*en est pas moins vrai qu'elles ont vivement affecté le Roi. •

' Montmorin à Falciola. Hollande, 574, n9 16.

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