CHAPITRE HUITIÈME
des « résolutions injustes et erronées » prises à roccasion du voyage de la princesse, le châtiment sur sa réquisition « de tous ceux qui avaient participé aux offenses contre son auguste personne » , l'invitation à Son Altesse Royale de se rendre tout de suite à la Haye. Ces décisions devraient être prises dans un délai déterminé de quatre jours. « Tout le monde paraît persuadé que le mémoire de M. de Thulemeyer a été fabriqué à Clèves entre madàmt la princesse et M. le duc de Brunswick' » , disait à Montmorin M. Gaillard, chargé d'affaires de France en l'absence de l'ambassadeur. « Les grandes inondations peuvent s'effectuer en six heures, à ce que m'ont appris M. Paulus, et M. de Witt, membre de la commission de Woerden. La grande écluse de Muyden étant rompue, on dit que la Hollande est parfaitement couverte. »
I^e 12, les États déclarèrent qu'on ne pouvait entrer en délibération sur la note de M. de Thulemeyer. L'envoi h Berlin de deux députés chargés de conférer avec le roi de Prusse était résolu. La cour de France et celle de Prusse recevraient communication de cette décision. « Un souverain ne pourrait jamais faire des excuses à la femme de son premier serviteur » , s'était écrié, dans la discussion, l'un des délégués de Dordrecht. Les trou-
1 « On est révolté ici contre la forme autant que contre le fond de la note de M. de Thulemeyer », écrivait Gaillard à la même date. Hollande, 574, n» 63.
pes prussiennes étaient en marche, sans avoir encore pénétré sur le territoire de la République. Un dernier espoir semblait réseiTé aux patriotes. La Porte venait de rompre avec la Russie, et la guerre se rallumait en Orient. « Venons aux affaires de Hollande, écrivait Montmorin à Rourgoing, elles me donnent autant d'humeur qu'à vous. Il faut surtout gagner du temps jusqu'à l'entrée de l'hiver. Voilà une nouvelle série qui s'ouvre dans le Levant et qui pourra donner à penser à Sa Majesté Prussienne. II pourrait se repentir de s'être conduit envers nous comme il l'a fait. Nous nous ressouviendrons du fond qu'on peut faire sur lui^»
(c L'opinion du Roi est que les États de Hollande ont fait tout ce qu'il était possible d'-exiger d'eux, pour apaiser le roi de Prusse. Si ce prince, au mépris des réflexions les plus sérieuses sur ce qu'il allait entreprendre, fait avancer ses troupes pour entrer dans la province de Hollande, Sa Majesté est résolue, comme alliée, d'aller au secours de cette province' » .
M. Gaillard, sur le reçu de cette dépêche, en-
' Lettre autographe du comte de Montmorin au chevalier de Bourgoing. Versailles, le 10 septembre 1787.
« Ce que je vous dis là est, vous m'entendez bien^ pour vous absolument seul; mais je crois que vous pouvez vous servir utilement de révénement du Levant auprès des patriotes, montrezleur que le roi de Prusse a nécessairement besoin de nous. »
' Gaillard à Montmorin. La Haye, 16 septembre 1787. FIollande, 574, n» 106.