‹ Une invasion prussienne en Hollande en 1787Chapitre 141 sur 167 · CHAPITRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE NEUVIÈME

caiionniers, sans armes et sans uniformes, reçurent Tordre de se rendre, par détachements, en Hollande et de se mettre aux services de la commission. MM. de Bellonet et Bosquillon de Frescheville, capitaines en premier au corps royal du génie, partirent en même temps pour la Haye. M. de Ternant, officier général très- distingué, se trouvait déjà en Overyssel, pour s'efforcer d'y organiser la résistance. Le ministre de la marine, M. de Castries, allait au-devant des demandes. La colonie du Cap n'avait elle pas besoin d*ingénieursmaritimes, pour la mettre à l'abri d'un coup de main des Anglais? M. Paulus, fiscal de l'amirauté, ferait bien de recommander aux commandants de Ceylan et des Indes de prendre « toute confiance en la France » . M. de Ségur et M. de Cnstries ne se contentaient pas de ces mesures; ils désiraient l'intervention active de l'armée française, et faisaient préparer avec soin des plans de campagne. La difficulté dominante, outre la pénurie du Trésor et l'insouciance de M. de Loménie, était la distance. Givet se trouvait à quarante lieues de la frontière hollandaise. « Le roi de Prusse a tous les avantages pour la célérité du rassemblement, pour la facilité des subsistances et des approvisionnements. Il aurait le temps de prendre l'Overyssel, Utrecht, et même de pénétrer dans la province de Hollande sans que la France

Woerden relative aux canonnière, n Vérac à Montmorin. La Haye, 28 juillet 1787. Hollande, 573, n» 141.

ait pu la secourir. » Ne pourrait-on pas envoyer de Dunkerque par mer deux mille cinq cents hommes qui, en trente*six heures, seraient transportés dans les Pays-Bas et pourraient permettre aux patriotes de tenir jusqu'à Tarrivée des forces françaises*? Un second projet ëtaitbasé sur le rassemblement rapide a Givet de huit à neuf mille hommes qui, passant par le pays de Liège, seraient à Heusden en neuf marches et un séjour. Si la Prusse cherchait à défendre le passage de la Meuse, le corps auxiliaire devait comporter dix mille hommes d'infanterie, deux mille cavaliers, un train d'artillerie compétent. Un corps plus considérable jeté dans la Gueldre opérerait une diversion. Dans un mémoire important rerais à M. de Saint-Priest après rentrée des Prussiens, M. Paulus, qui n'avait pu se rendre à Versailles comme on l'eût désiré, résumait la marche à suivre. « Pour sauver la Hollande, la France doit envoyer quanto citius vingt mille hommes en Hollande, vers Geertruydenberg et Heusden, pour entrer à Gorcum, et de là à Dordrecht, Rotterdam. » Un second corps de plus de vingt mille hommes se dirigerait en même temps vers la Westphalie, pour couper les secours à la Prusse ; il entrerait ensuite en Gueldre, pousserait jusqu'à Utrecht, obligerait le duc de Brunswick à diviser ses forces, et le mettrait entre deux et même

' Mémoire envoyé^ le 24 août 1787, à M. le comte de Montmorin et à M. le marquis d'Aguesseau.

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