‹ Une invasion prussienne en Hollande en 1787Chapitre 148 sur 167 · CHAPITRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE NEUVIÈME

nédictions qui me suivent quand je parais dans les mes, la reconnaissance de la classe supérieure, l'attachement de la garnison m*ont vraiment accablé... Je ne suis guère versé dans le mode sentimental, mais mes yeux se sont mouillés de pleurs quand j'ai rencontré le prince * . » Le jour même de son entrée à la Haye, Guillaume V accordait à l'envoyé de George III une demi-heure d'entretien particulier, et lui peignait dans u les termes les plus énergiques » sa gratitude envers l'Angleterre. Quant aux affaires de Hollande, Son Altesse trouvait u qu'il fallait tirer de la circonstance tout ce qu'elle pouvait donner, et obliger Amsterdam à la raison » . Toute médaille a son revers. Le triomphe des orangistes ne se passait pas sans excès. « Il est impossible » , dit une dépêche de Gaillard à Montmorin, « de représenter les effets delà rage forcenée de la populace. On ne sait pas encore combien de maisons sont détruites, combien il y a de personnes massacrées. La consternation est générale dans la Hollande. C'est une scène universelle d'horreur et de désolation*. »

La révolution était complète ; comme toute révolution, elle avait ^s côtés hideux. Les mauvaises passions de la foule se donnaient libre carrière, on

1 Sir James Harris au marquis de Carmartlien, 21 septembre 1787. Diariesy II, 380.

3 Gaillard à Montmorin. La Haye, 20 septembre 1787. Hollande, 574, no 122.

ne cherchait pas à les arrêter. L'armée prussienne continuait sa marche victorieuse à travers le pays, moins brutale dans ses agressions que les stathoudériens soulevés sur son passage. Le duc de Brunswick s'étonnait lui-même de trouver une résistance si faible; en parcourant les murs de Gorcum, il déclarait que cette place eût dû tenir pendant longtemps ^ Le colonel de Capellen, qui la comniandait, avait été abandonné par ses hommes; il n'en subissait pas moins de la part de ses vainqueurs un si brutal traitement qu'il devait en mourir bientôt. A Gorcum, comme partout ailleurs, les conseils de régence étaient changés, dès l'arrivée des troupes. Les magistrats orangistes prenaient la place des patriotes et se hâtaient de modifier leur députation aux États. Cette mesure politique s'exécutait comme un mouvement militaire; elle faisait partie du plan d'invasion. Le 17, Nieupoort et Schoonhaven étaient occupés sans combat; les républicains les [)lus compromis s'étaient retirés; on faisait de tous côtés des prisonniers; des détachements sans officiers venaient se jeter sur les avant-gardes prussiennes qui les désarmaient sans lutte.

La colonne du général Gaudi trouvait les approches de Yianen abandonnées, les routes défoncées et les ponts détruits; le général Von Ebem,

' Général de Pfau.

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