‹ Une invasion prussienne en Hollande en 1787Chapitre 150 sur 167 · CHAPITRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE NEUVIÈME

tes troublaient ce concert de louanges et se révoltaient contre des bienfaits si précieux. Le ministre anglais n'avait garde d'oublier une telle fausse note. Dans une lettre dithyrambique adressée au duc de Brunswick', «libérateur de la nation bâta ve» , il mêlait ses conseils à ses éloges. Ce n'était pas tout que d'avoir délivré « d'une manière prompte, sage et glorieuse » le peuple « du joug d'oppression sous lequel il gémissait » . Il fallait achever ce sa** lutaire ouvrage. « Il s'écroulera infailliblement, si le repliement des troupes se fait avant que le nouvel ordre de choses produit par leur approche soit plus solidement établi. Amsterdam, le foyer de la. cabale, et où tous ceux qui ont commis l'attentat contre l'auguste personne de Son Altesse Royale madame la princesse d'Orange sont réfugiés, continue de protester et de s'inscrire en faux contre toutes les résolutions prises dans ce moment par Leurs N. et G. Puissances. » Le duc n'avait pas à craindre l'intervention française, « le langage menaçant de la cour de France n'aboutirait à rien » . M. deMontmorin pouvait s'exprimer d'un ton trèsfort et déclarer que le roi de France se verrait

1 M . Grenville, plus lard lord Grenville et secrétaire d'État aux affaires étrangères, qui venait d*être chargé d'une mission conciliatrice auprès de la cour de France, écriyalt, le 21 septembre, à sir James Harris: « J'espère que le duc de Brunswick ira vite. Je puis vous donner l'assurance la plus formelle que notre gouvernement ne reculera devant aucune extrémité^ s'il le faut. » The Jirst earl of Malmesbury, 1 , 493.

oblige d'accorder Tassistance requise; on devait être a parfaitement tranquillisé » sur ce point. Les démonstrations de l'Angleterre, « jointes à une réponse ferme et énergique » , ne permettaient pas rinquiétude. Le roi George faisait « accélérer l'équipement d'une flotte très-considérable » . Le général Fawcett, envoyé à Berlin, allait « presser la conclusion de la besogne dont il était chargé » . La mission à Berlin du général Fawcett n'était pas sans importance. Il devait assurer à Frédéric- Guillaume, outre l'appui de la marine britannique, un secours de trente-cinq mille hommes dont quinze mille seraient tirés de l'Angleterre même'. Le duc de Brunswick ne répondit que quelques lignes à sir James Harris; « il sentait la nécessité de ce qui lui était conseillé, et était déterminé à l'essayer » .

Pour enlever au roi Louis XVI et à ses ministres toute dernière velléité de s'opposer à l'attaque contre Amsterdam, les nouveaux États de Hollande donnaient Tordreaux ambassadeurs des Provinces à Paris de transmettre au minibtre des affaires étrangères un récit des heureux événements arrivés dans leur patrie. M. de Montmorin, qui, quelques jours auparavant, affirmait à ces mêmes diplomates que le Roi trouvait « l'invasion prussienne contraire à l'équité et soutiendrait la Hollande de toutes ses

1 Sir James Harris au duc de Brunswick, 22 septembre 1787. Dîariesj II, 381.

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