‹ Une invasion prussienne en Hollande en 1787Chapitre 151 sur 167 · CHAPITRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE NEUVIÈME

forces' »> , recevait une lettre pour lui apprendre que « les difficultés entre cette province et le seigneur prince Stathouder héréditaire étaient terminées, que Taffaire de la satisfaction était sur le point d'être aplanie avec la cour de Prusse; que, par conséquent, il ne se trouvait plus d'ennemis... L. H. P. ne doutent pas que Sa Majesté ne prenne à rbeureux rétablissement de la tranquillité la part qu'elle a toujours témoigné de prendre à l'apaisement des troubles et à l'avancement de la prospérité de la province*. »

Que répondre à ces déclarations aussi polies qu'ironiques? Que répondre également aux émouvantes supplications qu'adressait au Roi la ville d'Amsterdam, « cette ville qui ne saurait être indifférente à l'Europe comme étant le soutien des- Provinces-Unies » ? Elle a réclamait avec le plus grand empressement l'assistance de Sa Majesté, dans un moment où elle devait soutenir toutes les attaques de l'armée prussienne*» . La France avait laissé passer toute occasion favorable de venir en aide aux patriotes; les préparatifs tardifs qu'elle faisait pour soutenir son honneur ne pouvaient pas plus sauver Amsterdam que la Hollande.

Le 25 septembre, en arrivant à Leymuiden, le

1 Dépêche secrète de Brantzen et Leste venon, 20 septembre 1787. Archives royales des Pays-Bas.

^ Brantzen et Lestevenon a Montmorin» Archives royales des Pays-Bas.

'^ Lettre d* Amsterdam au Roi. Hollande, 554, 130.

duc de Brunswick y trouva deux dëputations : Tune des États-Généraux, pour le prier de venir à la Haye recevoir des remerciments publics ; l'autre de la ville d'Amsterdam, pour discuter un accord. Le duc reçut d'abord les délégués des États, audevant desquels il s'avança. Il fit appeler auprès de lui ceux d'Amsterdam. M. Abbema, membre du comité de défense, et M. Goll étaient envoyés par le Conseil; la bourgeoisie avait deux représentants. La ville, par une déclaration écrite, se disait prête à. accéder aux résolutions des autres cités de la province, telles qu'elles étaient énoncées dans sa missive. Le duc, après en avoir pris connaissance, répondit que les conditions proposées par Amsterdam n'étaient pas conformes à celles exigées par son maître et adoptées par les États. Il ne se refusait pas à accorder une trêve au Conseil, pour lui permettre d'envoyer une députation auprès de la princesse d'Orange, qui venait de rentrer à la Haye. Le 24, sur la promesse formelle des États de lui offrir toutes les satisfactions demandées, Wilhelmine de Prusse avait été solennellement reçue à la Haye. Comme le prince, elle y avait fait une entrée triomphale. Des bandes de femmes s'étaient attelées à son carrosse et l'avaient traînée à travers les rues principales, au milieu des cris de joie d'une foule enthousiaste. On avait pillé encore quelques maisons de patriotes.

Le 28 eut lieu, dans la chambre même de la

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