‹ Une invasion prussienne en Hollande en 1787Chapitre 152 sur 167 · CHAPITRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE NEUVIÈME

. princesse, une réunion des principaux chefs orangistes. Le Stathouder n'en était pas exclu. Sir James Harris et M. Van der Spiegel y représentaient l'un l'Angleterre, l'autre la Zélande. Le duc de Brunswick arriva sur les dix heures du matin. 11 avait été reconnaître les approches d'Amsterdam, s'avançant jusqu'au pied des batteries qui défendaient la ville. Les difficidtés du siège lui paraissaient grandes; le temps était menaçant; l'automne commençait; les inondations avaient réussi dans la région. D'étroites chaussées, très-fortifiées et couvertes d'une nombreuse artillerie, offraient seules un périlleux passage. Il fallait se hâter pour réussir. Sir James Harris s'opposa nettement à de plus longues négociations. Les pièces remises par M. Abbema différaient essentiellement de l'ultimatum imposé par M. de Thulemeyer. La commission donnée au duc par Sa Majesté Prussienne était claire et explicite : obtenir satisfaction dans les termes exigés, ou employer la force. La responsabilité du siège devait retomber sur les huit ou dix factieux qui, pourlesmotifslesmoinsjustifiables^necraignaient pas d'exposer aux horreurs de la guerre une villepeuplée, riche et commerçante. Ilfallaitsommer Amsterdam, dès que la trêve serait expirée; en cas de refus, l'attaquer sur l'heure. L'opinion du ministre anglais prévalut encore une fois*. Leduc

1 Sir James Harris au marquis de Carmarthen, 28 septembre 1787. Diarîesy II, 387.

repartit à cinq heures du soir pour exécuter ces instructions, avant de quitter la Haye, il conBa à « sir James Harris qu'en cas de conflit avec la France, Frédéric-Guillaume réunirait, dans le duché de Glèves, une armée de soixante-cinq mille hommes.

Amsterdam allait succomber. C'est en vain que le chevalier de Ternanf, officier français aussi brave qu'intelligent, s'efForçait d'organiser la défense. Le courage ne manquait pas, la patience faisait défaut. Un investissement de quelques jours étonnait les descendants des héros de Leyde et d'Haerlem. a Le désordre et la confusion étaient à leur comble dès mon arrivée ici » , écrivait M. de Ternant le 25 septembre. « Tous mes efforts sont vains, et ma vie à la merci d'une populace effrénée', n

Le 29 septembre, la députation d'Amsterdam allait trouver la princesse d'Orange, pour lui soumettre les propositions du Conseil; la princesse refusait d'y accéder; elle congédiait les députés, non sans hauteur, après une vive discussion, et envoyait sur l'heure l'ordre au duc de Brunswick de recommencer Tattaque. Le duc lui-même, auquel les députés demandaient une dernière entrevue, ne consentait à les recevoir que déjà en marche, et au milieu de ses officiers assemblés. Il les renvoyait les yeux bandés et sous forte escorte. « Je regarde la trêve comme expirée, dès ce soir entre les sept

' De M. de Ternant. Amsterdain, 23 septembre 1787.

Page 1