CHAPITRE NEUVIÈME
lèrent pas. Pendant cinq heures» elles restèrent en place, fermes et impassibles sous le feu des patriotes. Les officiers donnaient l'exemple de Tindifférence. Le prince d'Anhalt ne bougeait pas du point le plus exposé aux balles; les soldats riaient du danger et voyaient tomber leurs camarades, sans sourciller. Un homme a l'œil crevé; il ne se trouble [loint : « Le mal n'est pas grand, dit-il; il n'était déjà pas si bon. ^ Il court faire panser sa blessure et revient prendre son poste. Cependant le duc de Brunswick attendait avec impatience le signal qui devait lui apprendre le succès du mouvement tournant, et n'était pas sans inquiétude sur l'issue de cette manœuvre. La division qui devait l'exécuter avait rencontré, elle aussi, une résistance sérieuse. Les habitants de la région, soulevés contre l'envahisseur, avaient joint leurs efforts à ceux des patriotes. Les Prussiens, plusieurs fois repoussés, avaient éprouvé des pertes sérieuses V, mais leurs forces supérieures devaient enfin l'emporter, tous les postes étaient tombés entre leurs mains. Amstelveen était entouré. Le lieutenant-colonel Gordon*, officier anglais, qui accompagnait l'expédition, s'élança aussitôt pour en prévenir le duc.
1 Les Prussiens perdirent dans cette affaire quatre oMciets et soixante-deux hommes, d'après Troschke.
' Le colonel Gordon servait dans la brigade écossaise maintenue au service des États, mais avait pris partipoUrleStathouder, pour lequel son dévouement était absolu. Lorsde Fattaque d*HaIweg, ^il avait rendu au diic de Brunswick un service signalé, en faisant
t91 UNE INVASION PRUSSIENNE EN HOLLANDE.
Les hommes du colonel de Porte commençaient à faiblir. Il se retira, suivi de ses artilleurs.
Le duc de Brunswick était maître de toute la contrée entre l'Amstel et le lac d*HaerIera; les principales routes d'Amsterdam lui étaient ouvertes. L'avant-garde de l'armée prussienne vint camper à Overtom, à trois kilomètres d'Amsterdam. La victoire était complète. Amsterdam demanda une nouvelle trêve. Les députés vinrent trouver encore le duc de Brunswick. La ville préparait une résolution donnant pleine satisfaction à la princesse. Une suspension d'armes de trois jours fut accordée. Le 1**^ octobre, à onze heures du soir, le conseil d'Amsterdam fit connaître ses propositions nouvelles. Il refusait encore de reconnaître la légalité des États de Hollande et la validité des mesures prises depuis le début de l'invasion. La conférence se termina sans amener d'accord. Sir James Harris reprit sa tâche belliqueuse. Brunswick reçut une lettre de Berlin pour lui reprocher sa mollesse et sa facilité. Les mauvaises nouvelles accablaient Amsterdam. La réponse négative de la cour de France venait d'arriver. Avant que la trêve fût expirée, une députation se présenta aux États de Hollande pour s'incliner devant leur légalité au hoin 4' Amsterdam. Toutes les mesures prises de-
préparer des barques pour porter les soldats prussiens, et ava>t parcouru lui-même le lac d*Haerlem en bateau, pour s*assurer que les Hollandais n'y avaient point de flottille.