‹ Une invasion prussienne en Hollande en 1787Chapitre 155 sur 167 · CHAPITRE NEUVIÈME. S · texte numérisé non relu

CHAPITRE NEUVIÈME. S

puis rentrée des Prussiens étaient approuvées sans condition. Une députation de Leurs Grandes Puissances se rendit aussitôt auprès de la princesse. Les États lui exprimaient leurs profonds regrets de ce qui était arrivé. Ils priaient Son Altesse Royale de bien vouloir indiquer les satisfactions qu'elle exigeait. Sir James Harris, appelé par la princesse, lui conseilla des mesures de rigueur. « Il fallait répandre une atmosphère de terreur autour des principaux factieux » , quitte à ne pas abuser des conditions obtenues. La princesse était toute prête à adopter cette opinion. Elle avait fini par croire elle-même aux outrages dont son frère avait su faire un si bon usage. Elle déclara toutefois ne pas exiger la vie des coupables, mais sans préfendre les garantir contre les châtiments qu'ils pourraient mériter d'ailleurs'. Elle demandait qu'on les privât de tout emploi, qu'on les proclamât incapables à jamais de servir la République. Sur une nouvelle question des États, elle dressa elle-même la liste des fauteurs et instigateurs de l'attentat commis envers sa personne. Les commissaires de Woerden y occupaient la premièi*e place. MM. Gamerling, Van Foreest, Jean de Witt, Block et Van Toulon furent proclamés « démis et destitués à jamais de toutes les places de régence et d'administration,

* ■ J'ai particulièrement demandé rin»ertion de cette dernière clause ii,dit sir James Harris. Diaries, U, 395.

comme ils sont demis et destitués par la présente ^ » . Les principaux membres du conseil d'Amsterdam étaient aussi frappés, ainsi que M. de Gyzelaer. « La cour stathoudérienne, d'après Gaillard, n'avait pas laissé échapper une si belle occasion d'étendre la proscription aux membres les plus distingués du parti républicain. »

Amsterdam pourtant n'avait pas ouvert encore ses portes. La ville répugnait à se soumettre, et ne voulait pas laisser l'ennemi pénétrer dans ses murs. L'armée d'invasion l'entourait de toutes parts. Muy'den, deirnière place restée fidèle à sa cause, venait de se rendre, après une défense honorable^. Le 9 octobre, le duc de Brunswick fit établir ses batteries. Le bombardement devait commencer à midi. On lui fit connaître l'accord formé à la Haye, il consentità attendre. Le 10 au matin, il signa la capitulation, et prit possession dans la soirée de la principale porte d'Amsterdam. Le 12,

1 Cette mesure de |iroscrîption ne devait pas empêcher les pa^ triotes de rentrer bientôt dans leur patrie, d'où Guillaume Y devait s'enfuir pour se réfugier en Angleterre. On parlait à cette époque d'envoyer Jean de Witt comme représentant de la République batave auprès de la cour de Saint<James. — « Gela ne manquerait pas de piquant pour la maison d'Orange», observaiton. Vreede, Geschiedenis der diplomatiee van de bataefsche r«publick, I, 73.

^ Les Prussiens trouvèrent à Muyden trente-trois canons. Ils

en avaient déjà trouvé beaucoup dans différentes places fortes.

«Nous avons pris une douzaine de canons en nous promenant*,

disait le comte Kalkreuth. — Troscbkb, Feld%ug in Bi4*

landy page 87.

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