‹ Une invasion prussienne en Hollande en 1787Chapitre 156 sur 167 · CHAPITRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE NEUVIÈME

sur la proposition du conseil renouyelë par les orangistes victorieux, les troupes stathoudériennes entraient dans la ville et désarmaient les corps francs, La révolution était terminée.

Quelques jours plus tard, malgré les déclarations formelles de son manifeste au moment de l'entrée en campagne, malgré le texte également net de la capitulation d'Amsterdam, le roi de Prusse annonçait au duc de Brunswick que la cité rebelle devait payer tous les frais de l'expédition. Une telle demande pourrait servir de morale au récit de cette aventure. Elle fut retirée^ sur le conseil du duc, et remplacée par la requête d'une large gratification accordée aux troupes'. S'il faut en croire M. de Pfau, elles n'avaient perdu que deux cent onze hommes durant leur promenade militaire. Est-il besoin

I « Cette mesure ternissait la gloire des armes prussiennes » , déclarait le duc de Brunswick à sir James Harris. « Elle ferait de la République une ennemie irréconciliable pour Sa Majesté. » Sir James Marris lui-même blâmait fort le projet de gratification aux troupes, qui, disait-il, « enlevait tant de mérite à la conduite du roi de Prusse et serait regardée par toutes les classes comme une exaction et un acte d*oppression » . Diaries, II, 402. — H n'est pas sans intérêt de comparer cette appréciation avec le récit du baron de Troschke, qui donne cette gratification comme une preuve de la bienveillance et de la reconnaissance des Provinces. M, de Troscbke donne un tableau intéressant des récompenses offertes aux soldats prussiens, à Taide de cette gratification d*un demi-million de florins. Les généraux Lottum, Rnobelsdorff, Ralkreuth et Eben eurentde 4 à 6,000 florins. Tout chef de compagnie eut 500 florins ; tout lieutenant, 50. Les sous-officiers eurent 10 florins, et les hommes 3 florins. Troschkb^ Feldzug in HoUandy p. 89.

de dire la joie de Guillaume Y et de la princesse, l'enthousiasmedesslathoudérienSy l'orgueil profond de sir James Harris?

On devine les fêtes données aux vainqueurs de la Hollande. Une médaille frappée en Thonneur du duc de Brunswick lui fut remise par les États. Ses principaux officiers la reçurent. Par décision royale, ils furent autorisés à porter sur leur justaucorps un ruban orange '. hes patriotes, au contraire, persécutés dans la plupart des villes, fuyaient en grand nombre une patrie où ils ne trouvaient plus la sécurité ; la populace déchaînée s'unissait aux soldats prussiens, jusqu'alors retenus par la discipline, pour piller et dévaster les propriétés abandonnées; la petite ville de Zierikzee, en Zélande, était aux trois quarts détruite par les bandes ameutées contre elle. A Amsterdam même, les patriotes étaient menacés. Les commissaires de Woerden eurent une dernière réunion chez M. de Witt, qui allait partir pour la France. Avant de se séparer, ils attestèrent que toujours ils avaient été d'accord, que toutes leurs résolutions n'avaient été inspirées que par l'amour de leur malheureux pays. MM. de Gapellen, de Pallandt, Bicker, Abbema suivirent l'exemple de M. de Witt. Le nombre des émigrés hollandais en France fut si considérable qu'on dut songer à créer des régiments nouveaux, pour em«

' r Un assez- grand nombre d*ofBciers, parmi lesquel» M. de Pfau, reçurent en outre l'ordre • pour le mérite •%

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