CHAPITRE NEUVIÈME. Ml
ployer les officiers et les soldats sans ressource. Toutes les classes de la société étaient représentées parmi les fugitifs. Pour atténuer le déplorable échec de la politique française, on accorda des secours importants aux victimes les plus malheureuses de cette .politique. La liberté religieuse leur fut promise, on les autorisa à construire des temples. On espérait rappeler ainsi dans leur ancienne patrie les descendants des proscrits de i'édit de Nantes ^ C'était se consoler trop facilement d'une situation très-fàcheuse et "ne pas prévoir assez les très-graves conséquences d'une politique indécise et déjà troublée par les idées révolutionnaires. La marche victorieuse et rapide de l'armée prussienne, le siège d'Amsterdam où, prétendait-on , vingt mille personnes avaient succombé, devaient produire dans
* L'émigration hollandaise en France eut une sérieuse influence sur redit de novembre 1787, qui rendait l*état civil aux protestants. Tous les documents relatifs à cette émigration le constatent. « La privation du culte protestant serait très-sensible aux Hollandais», disait un mémoire envoyé par Sa in t* Prie st à Montmorin. c II paraîtrait de la justice du Roi, disait encore ce mé^ moire, de déclarer qu*un nombre de familles hollandaises pouvait ouvrir une chapelle intérieure du cuite protestant dans le royaume... et qu'un plus grand nombre de protestants seraient autorisés à bâtir des temples s*ils en avaient les moyens pécuniaires... Qui sait si les petits-fils de Français réfugiés en Hollande après la révocation de Tédît de Nantes, aujourd'hui persécutés dans leur patrie adoptive, ne viendraient pas rapporter en France leur industrie et leurs capitaux, lorsqu'ils pourraient pratiquer ouvertement cette même religion, seule cause de Texpatriation de leurs pères? i
Il est difficile d'évaluer exactement le chilfrC des émigrés hol-
l'Europe entière une impression aussi funeste que durable. « La France est tombée, je doute bien qu'elle se relève » , avait dit l'empereur Joseph en apprenant les faciles succès de Frédéric-Guillaume. La France n'était pas tombée, mais elle était bien malade.
Le 27 octobre, la cour de Londres faisait remettre une déclaration à celle de Versailles pour l'inviter à la cessation commune des armements.
« Les événements qui ont eu lieu dans la république des Provinces-Unies ne peuvent plus laisser aucun sujet de discussion, encore moins de contestation entre les deux cours, n La réponse de la France. fut catégorique : « L'intention de Sa Majesté n'est pas et n'a jamais été de; s'immiscer par la force dans les affaires de la république... Elle ne conserve aucune vue hostile relativement à ce qui s'est passé. » Là conséquence de ce langage était facile à prévoir. Le 4 avril 1788 était signée Tal-
landais, mais il était très-considérable. Qaant aux officiers, au mois d avril 1788, ils comprenaient : on général commandant, huit colonels, quatre lieutenants-colonels, trois majors, vingt-quatre capitaines, trente-huit lieutenantâ, quarante- trois sous -lieutenants et vingt officiers sans brevets, plus un certain nombre d'officiers de marine.
En mai 1788, cent quarante officiers furent admis définitivement au service de France; sur ces cent quarante, soixante-dixneuf perdirent un grade.
En 1792, lors de l'invasion de la France par les Prussiens, un grand nombre de réfugiés hollandais s'engagèrent dans l'armée de Dumouriez, et l'on pensa à appeler la « légion étrangère », « légion batave » .