‹ Une invasion prussienne en Hollande en 1787Chapitre 16 sur 167 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

sioDS, par de nombreux journaux, ils s'efforcèrent d'exciter l'attention publique.

Le 6 août 1781, la flotte hollandaise, commandée par Zoutman et Kinzbergen, remporta sur les Anglais, au Doggerbank, une importante victoire qui fut accueillie avec enthousiasme à Amsterdam et dans toutes les villes de la Hollande. Le Stathouder ne prit point part à l'allégresse générale et sembla presque regarder comme une défaite personnelle la retraite des ennemis. Est-il besoin de dire que les patriotes surent exploiter cette maladroite froideur? Ils répétèrent partout qu'en apprenant le résultat du combat, la première parole de Guillaume Y avait été : u J'espère au moins que les Anglais n'ont rien perdu. »

Pour détourner l'esprit public, les partisans du Stathouder eurent recours à un vieux moyen, qui leur avait souvent réussi, et n'hésitèrent pas à susciter des émeutes.

Le 4 décembre 1782, la Gazette de la Haye, organe des orangistes, annonça qu'on souscrirait une adresse de remerciments à Son Altesse Royale, pour les explications qu'elle avait bien voulu donner sur sa conduite comme amiral général de V Union. On devait aller de porte en porte recueillir les signatures. Cette manifestation donna lieu, le 6, à des troubles nombreux et regrettables aux cris d' u Orange au-dessus de tout! » sans que la garnison crut devoir intervenir pour réprimer ce que

le prince appela «une gaietë» et que les États de Hollande déclarèrent « une sédition » .

Les mêmes faits se produisirent à Leyde et à Amsterdam, mais ces tentatives de désordre échouèrent et ne purent causer une révolution. Guillaume V, effrayé de l'autorité que prenaient chaque jour les patriotes, et craignant qu'on en vtnt à lui reprocher d'avoir fomenté ou laissé commettre les troubles, se décida à implorer Tappui* et les avis de son oncle Frédéric le Grand. Le Roi lui répondit, ainsi qu'on l'a vu plus haut, en lui recommandant l'accord avec la France et la ville d'Amsterdam ; conseil désagréable à un prince qui détestait Amsterdam et la France. La paix, signée en 1783 entré la République et l'Angleterre, donna lieu aux récriminations des deux partis ; les sta- thoudériens déclaraient que si l'on n'avait pas bravé l'Angleterre, on n'aurait pas perdu des établissements à la côte de Coromandel ; les pa-triotes attribuaient cet échec à l'incurie du prince, et, rappelaient que sans la flotte française, le Gap serait tombé entre les mains des ennemis. Des deux côtés, la violence du langage et des écrits devint extrême. Le Courrier du Bas-Rhin, organe inspiré par le duc de Brunswick^ se distinguait par la violence de ses attaques contre les patriotes que, tt d'après des preuves irréfragables ^» , il accusait de

' Courrier du Bas-Rhin, 18 septembre 1783.

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