CHAPITRE PREMIER
leurs possessions. Sa Majesté le peut encore bien moins aujourd'hui qu'elle est au moment de consommer avec la République une alliance, dont les bases étaient arrêtées avant le dernier différend. » L'effet produit en Europe par la fermeté de ce langage fut considérable. L'impératrice Catherine II fit conseiller à Joseph «de ne pas aller trop loin » dans cette affaire de Hollande, et a d'accepter la conciliation » . Dans les Provinces^ les patriotes et le parti français reçurent une force nouvelle de cette manifestation diplomatique, et M. de la Vauguyon vit grandir, chaque jour, le nombre de ses adhérents. Son influence et l'action qu'il exerçait allaient sans cesse croissant, quand il fut rappelé de la Haye et envoyé en Espagne comme ambassadeur, avant d'avoir pu terminer cette affaire, et d'avoir pu conclure le traité d'alliance entre le Roi et les Pays-Bas qu'il préparait depuis longtemps, et qu'il pouvait à bon droit regarder comme son œuvre propre.
On raconte que Frédéric le Grand, causant avec le ministre de Hollande des revendications de Joseph II, lui dit un jour: «Je vois déjà comment se finira toute cette affaire; vous donnerez un pourboire à l'Empereur, et il ne sera plus question de rien. »
Frédéric le Graud ne se trompait guère dans son impertinente prédiction.