‹ Une invasion prussienne en Hollande en 1787Chapitre 21 sur 167 · CHAPITRE DEUXIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIEME

alors de ne pas s'enrichir dans les ambassades; M. de Yérac suivait cette mode jusqu'à l'excès. Il aimait le luxe, les longs dîners, le bon vin, les conversations faciles, et regardait son cuisinier comme l'un des principaux employés de son ambassade ; ce dont son maître d'hôtel profitait pour le voler suivant les règles. Le marquis de Yérac n'y regardait pas de si près ; il se ruinait galamment pour le service du Roi, et laissait à son intendant le soin de ne pas payer ses dettes. Quant aux affaires, insouciant, paresseux, négligent, non sans une certaine faconde, il se passionnait volontiers pour une cause, quitte à ne rien tenter pour la faire triompher.

Sir James Harris ' , ministre d'Angleterre, nommé

^ James Harris, fils de James Harris, secrétaire de la reine Charlotte, fut élevé à la pairie le 19 septembre 1788, sous le titre de baron Malmesbury. Le 29 décembre 1800 , il fut créé vicomte Fitz Harris et comte de Malmesbury. Son petitfils, le troisième comte de Malmesbury, a publié de nombreux extraits des journaux et de la correspondance de son aïeul, sous le titre de : « Diaties and Correspondence of James Harris^ first earl of Malmesbury, » Londres, 4 vol. in-8<>, 11 a aussi donné : « À séries of lelters of the first earl of Malmesbury. 9 Londres, 2 vol. in-8". — Secrétaire à Fambassade d'Espagne en 1767, puis chargé d'affaires auprès de la même cour, M. Harris obtenait à vingt-quatre ans le poste de ministre à Berlin ; à trente ans il devenait minisire à Saint-Pétersbourg. En 1782, Fox offrait à Harris l'ambassade d'Espagne ou la légation de la Haye. Harris n'hésitait pas à choisir ce dernier poste, preuve évidente de l'importance attachée alors aux affaires de Hollande. La chute de Fox empêcha M. Hnrris de se rendre au poste qu'il avait préféré; mais en 1787, M. Pitt, ayant besoin d'un homme

au même poste quelques jours à peine avant M. de Yérac, avait, malheureusement pour nous, des qualités plus importantes chez un diplomate en temps de crise. Fils d'un littérateur distingue, il possédait toutes les connaissances nécessaires aux gens bien élevés ; il y joignait une grande habitude des affaires et l'expérience acquise dans plusieurs missions antérieures. Passionnément dévoué à sa patrie, il voyait dans la France l'ennemie héréditaire de la Grande-Bretagne : u Je n'écrirais plus jamais une dépêche si je recevais l'ordre de plaire à la France, de l'approuver ou de coopérer avec elle» , affirmait-il, dans un mouvement d'enthousiasme gallophohe. Sir James Harris eût tenu parole. Il avait pour la vérité le ferme respect qui caractérise la race anglaise. Partisan dévoué de Fox, il n'avait consenti à accepter la légation de la Haye, sous le ministère Pitt, que sur l'avis formel de tous ses amis politiques. Le grand homme qui gouvernait alors l'Angleterre ne croyait pas que pour bien servir son pays il fût nécessaire de penser comme lui sur toutes les questions d'ordre inté-

de grande valeur pour défendre les intérêts anglais à la Haye, résolut de s'adresser à sir James Harris, qui accepta cette mission sur Tavis formel de M. Fox et du duc de Portland. (Diaries, t. I, xiii.) Les négociations désir James Harris à Berlin, à Saint-Pétersbourg, et en France 'pendant la révolution, ont donné lieu à deux séries d'articles dans la Revue des Deux Mon." des. Tune de M. John Lemoinne en 1846, l'autre de M. Casimir* Périer en 1 863.

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