‹ Une invasion prussienne en Hollande en 1787Chapitre 22 sur 167 · CHAPITRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIÈME

rieur. Il s'était feit honneur en donnant cette marque de confiance à un adversaire. Sir James Harris se fit honneur paiement par la manière dont il remplit sa mission.

Peu de jours après son arrivée, il écrivit au mar« quis de Garmarthen, ministre des affaires étrangères : « Il semble peu douteux que la France ne soit décidée à soutenir ce pays contre les réclamations de l'Empereur. Pour ce qui regarde la République, son sort est actuellement entre les mains de MM. Zeeberg*, Gyslaèr* et Van BerckeP, pensionnaires de Harlem^ Dordrecht et Amsterdam. Ils dirigent à eux trois le grand pensionnaire Bleiswyck^, qui ne joue maintenant qu'un rôle secondaire. Le premier objet du triumviratestde renverser

^ Adiîaan Van Zeeberg, né en 1746, mort en 1824. Pensionnaire de Harlem.

^ Comelis de Gyslaër, né eu 1751, d'une famille patricienne de Goriçhem, pensionnaire de Dordrecht en 1779, mort en 1815.

^ Engelbert-François Van Berckel, fils d'un bourgmestre d'Amsterdam, né en 1726, avait déjà acquis une grande réputation comme avocat, quand il devint, en 1762, pensionnaire d'Amsterdam. Il devait remplir cette cbarge pendant vingt-cinq ans, et mourut en 1796.

4 Pieter Van Bleiswyck, né en 1724, pensionnaire de Delft, grand pensionnaire de Hollande en 1772, mathématicien remarquable et politique distingué, mais dont la faiblesse de 'caractère était grande. 1\ avait minuté de sa main l'acte par lequel le Statbouder s'était placé sous la dépendance du duc de Brunswick. Les patriotes ayant eu connaissance de ce fait, contraire aux devoirs professionnels du Pensionnaire, firent comprendre à Bleiswyck que son sort était entre leurs mains. Le Grand Pen-

le Stathouder. La cour de Versailles et le roi de Prusse lui prêtent volontiers concours ; mais ce dernier, par suite de sa parenté avec la princesse d'Orange, n'est pas pour la destruction absolue de cette charge. Il propose, me dit-on, de prononcer le prince d'Orange incapable de la remplir , et de faire nommer sa nièce gouvernante^ avec un conseil choisi parmi les patriotes. Le prince d'Orange m'a reçu avec de nombreuses marques de satisfaction. Il m'a dit qu'il ne voyait dans l'avenir pour lui et pour ses enfants que u malheur et disgrâce » I Je lui ai répondu que le courage et la patience pouvaient beaucoup ' . »

Sir James Harris ajoutait peu après : « Les patriotes sont les instruments de la France ; la princesse d'Orange par suite de l'amour qu'elle porte à son pays natal, le prince par suite de son extrême faiblesse, sont les instruments de la Prusse. L'Angleterre conserve certainement un parti, mais composé d'hommes abaissés, opprimés, divisés. On pourrait faire quelque chose si l'on avait un chef. Le chef devrait être un prince d'Orange, mais

non un prince d'Orange comme celui-ci 11

faut voir si le peuple lui-même ne peut pas être poussé à voir la situation et à produire par une

sionnaire, partagé entre sa sympathie naturelle pour la maison d*Orange et la crainte pour sa sûreté personnelle, joua un rôleéqui- ▼oquejdans les événements de 1787. Voir Gaillard, Décade, page 25, * 7 décembre 1784. Diaries and Correspondence, II, 75.

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