CHAPITRE DEUXIÈME
remarque de M. de Yërac. Il répondit par beaucoup « d'observations, mais peu de promesses » , à l'émissaire que lui avait envoyé son neveu pour demander « secours et assistance ' » .
« Le rhingrave de Salm » , c'était l'envoyé du prince, ua plu infiniment à Sa Majesté Prussienne par son esprit, ses connaissances et l'énergie de son caractère. Les principes patriotiques auxquels il est constamment attaché ont obtenu l'entière approbation du roi de Prusse »> , écrit M. de Vérac*.
Sir James Harris était moins flatteur dans ses appréciations : a On a poussé le prince à envoyer, il y a quelques semaines, à Berlin le rhingrave de Salm, homme adroit et sans principes. Votre Seigeurie n'ignore pas le nom et le caractère du Rhingrave. En trahissant le prince d'Orange, en flattant le parti français, il s'est élevé de sa position d'officier inconnu et insignifiant jusqu'à être chargé d'une importante mission ^.»
La figure du Rhingrave est assez originale, sans être sympathique ; son rôle dans les événements qui font l'objet de cette étude est assez considérable sans être glorieux, pour mériter à ce personnage étrange quelques lignes d'introduction.
' Sir James Harris au marquis de CarmartLen, 11 mars 1785. Varies, etc., II, 111.
a M. de Vérac, 26 février 1785.
* Sir James Harris, 17 déc. 1784 et 11 mars 1785.
Frédéric III, wild et rhîngrave de Salm-Kirbourg\ n'avait pas besoin de se forger une généalogie pour invoquer une naissance illustre. Descendant de l'ancienne famille des comtes du Rhin, il avait rang parmi cette foule de petits souverains dont les propriétés se trouvaient situées entre la France et l'Allemagne, et qui servaient tour à tour les armées françaises et les armées allemandes. L'un de ses ancêtres, blessé et prisonnier après la bataille de Nerwinde, avait dit au maréchal de Luxembourg qui lui rendait des soins empressés : « Quelle nation étes-vousl II n'y a pas d'ennemis plus à craindre dans une bataille, ni d'amis plus généreux après la victoire. » Le jeune héritier de
^ Frédéric- Jean-Othon, prînce de Salm-Kirbourg le 9 juin 1779, né le 11 mai 1745, marié le 29 novembre 1781 à Jeanne- Françoise de Hohenzollern-Sigmaringen. (^Almanack royal de 1787, page 52.)
Il était fils de Philippe-Joseph, prince de Salm-Rirbourg, et de Marie-Thérèse, princesse de Hornes. (^Almanach royal, 1779, page 49.)
Frédéric de Salm, par ses aventures étranges et son caractère compliqué, mérite de faire l'objet d*une biographie. Ses principes démocratiques ne le défendirent pas contre Féchafaud révolutionnaire. Il fut décapité à Paris, en 1794. Sa sœur, princesse de Hohenzollern, fit faire partout des recherches pour découvrir Tendroit où son corps avait été enterré, et c*est à cette sollicitude qu*est due Toeuvre de Picpus.
Le fils du prince de Salm, Frédéric-Ernest Otto de Salm- Rirbourg, servit dans les armées françaises, et fut Tun des plus vaillants généraux de Napoléon I*''.
L'ancien palais de la Légion d'honneur brûlé sous la Commune avait été bâti, vers 1789, par le rh ingrave de Salm.