‹ Une invasion prussienne en Hollande en 1787Chapitre 35 sur 167 · CHAPITRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIÈME

l'importance. La joie des patriotes, en recevant la nouvelle de la conclusion deTalliance, fut profonde. C'était leur cause qui triomphait avec celle de la France. « La satisfaction de nos amis est à son comble » , écrivait Yérac, qui constatait également la tristesse des orangistes^ « M. Harris n'a pas été plus que les autres maître de dissimuler son chagrin. Il faut avouer que ce ministre, d'ailleurs plein d'esprit et de talent, n'est pas heureux dans ses spéculations n . Sir James Harris lui-même affectait de considérer sans trouble « des événements qui n'ont pris personne par surprise ou à Timproviste », et il ajoutait : « Gela prouve que le parti dominant a senti que pour prolonger son pouvoir et son influence, il lui fallait acheter l'appui de la France. La province de Zélande dépasse nos plus audacieuses espérances. Elle a déjà déclaré sa haute désapprobation de l'alliance française et peut, si Ton s'y prend bien, être conduite n'importe où*. » — « Vos très-importantes dépêches ont été reçues et placées sous les yeux du Roi, répondit le marquis de Garmarthen; le grand, le principal objet que vous deviez vous proposer est d'empêcher la ratification du traité d'alliance entre la France et les États-Généraux. En cas d'échec, nous devons tâcher d'exciter contre le parti qui l'a conclu une

1 Le marquis de Vérac, % décembre 1785.

* Sir James Harris au marquis de Carmarihen^ 15 novembre 1785. Diariesy II, 170.

opposition assez forte pour en rendre les effets les moins dangereux pour notre prospérité et notre sécurité ^» Le marquis de Carmarthen concluait en approuvant l'idée suggérée par sir James Harris d'un mémoire à présenter aux États-Généraux, par lequel on donnerait « une preuve publique et convaincante des intentions amicales du Roi pour le bien de la République» . Sir James Harris espérait arriver ainsi à empêcher « la majorité des Provinces de ratifier l'alliance». Le mémoire en question fut déposé le 22 novembre. Le ministre d'Angleterre, après avoir longuement parlé des vues bienveillantes du Roi son maître, ajoutait : « On espère du moins qu'en suite des assurances des sentiments du Roi et de toutes ses dispositions cordiales pour la République, L. H. P. jugeraient digne de leur sagesse accoutumée de ne pas se laisser impliquer dans des engagements qui pourraient les entraîner dans un système contraire aux vues de droiture. »

« Mon mémoire absorbe l'attention des deux partis » , écrivait sir James Harris, non sans quelque amour-propre d'auteur ; « il est le centre de toutes les conversations. Gomme il a rencontré la plus chaude approbation de la part de nos amis, et qu'on le recherchait avec avidité, je l'ai fait paraître dans la Gazette française et hollandaise, et je

^ Le marquis de Carmarthen à sîr James Harris, 17 novembre 1785. Diaries, M, 171.

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