‹ Une invasion prussienne en Hollande en 1787Chapitre 36 sur 167 · CHAPITRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIÈME

doute peu qu'il ne produise le meilleur effet sur Tesprit public*.» — «Je compte aller très-prochainement à Amsterdam et Rotterdam. C'est en agissant sur la crainte et Tintérét des négociants que M. de la Vauguyon a brisé les premiers anneaux de la chaîne entre l'Angleterre et la Hollande. Il n'est que juste de profiter de ses leçons et d'attaquer avec leurs propres armes nos adroits et persévérants ennemis. » En réponse à cette dépéche, sir James Harris reçut de lord Carmarthen la lettre suivante :

a Je viens de recevoir de M. Pitt une note dans laquelle il se dit porté à croire que vous devez recevoir sans délai Tinstruction de redoubler tous les efforts possibles danslsLquinzRine qui vient, si la timidité du Stathouder n'a pas déjà rendu désespérée toute opposition à Falliance française ^. »

Les efforts de sir James Harris devaient une fois encore ne pas rencontrer le succès. Le 1*' décembre 1785, le Conseil d'Amsterdam ratifiait à l'unanimité, moins une voix, le projet d'alliance avec la France ; et le ministre d'Angleterre qui, sous prétexte « d'accompagner lady Harris dans une visite à toutes les curiosités de cette ville n , avait cherché à y faire signer une pétition contre le

* Sir James Harris au marquis de Carmartlien^ 25 novembre 1785. Diaries, 11, 173.

* Le marquis de Carmarthen à sir James Harris, 6 décembre 1785'. Diaries, II, 175.

traité, devait renoncer à cette dernière espérance, a La ratification a passé sans débats aux États- Généraux» , sevoyait-il forcé d'écrire à lord Carmarthen; nelie sera envoyée aujourd'hui à Fontainebleau par un messager... Votre Seigneurie peut juger par les procédés insolents du parti français, combien il se sent puissant, combien il défie toute opposition, combien il m'est impossible, abandonné par le Stathouder, sans secours de mes collègues, entouré d'espions et d'émissaires , n'ayant pour m'aider personne qui unisse le jugement au courage, et la l>onne volonté à Tinfluence, de faire la moindre impression favorable ou d'ébranler dans sa première heure de triomphe et de gloire la puissance de la faction usurpatrice. Je crois pouvoir dire qu'il n'y a rien que je n'aie tenté.» Quelques jours auparavant, sir James Harris avait déjà dit du Stathouder^: «L'irrésolution, la colère, le désespoir, la timidité, le gouvernent tour à tour. » Le ministre d'Angleterre avait le droit de blâmer des défauts qui n'étaient point les siens. Les luttes des partis devaient bientôt lui fournir une occasion nouvelle de déployer toute son activité et tout son courage.

1 Sir James Harris à lord Garmartlien, 13 décembre 1785. DiarieSf II, 177.

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