‹ Une invasion prussienne en Hollande en 1787Chapitre 39 sur 167 · CHAPITRE TROISIÈME. j · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME. j

« Vous pouvez être assure, Monseig^neur, que Tintention des patriotes est de supprimer le stathoudérat, que la cour de France donne à ce plan son plein concours. L'accord était mutuel. Les patriotes ont fait la besogne de la France, la France va faire la besogne des patriotes^ d .

Il revenait, quelques jours plus tard, sur la même idée dans une nouvelle communication au prince : a Le plan qu'on se flatte d'exécuter est d'intimider Votre Altesse, et de Yengager par toute sorte de mauvais traitements à abandonner de gré ou de force la régence. C'est le moment où il importe de manifester l'énergie d'une âme supérieure aux événements et digne du sang qui coule dans ses veines^. » Dans ses dépêches à lord Garmarthen, sir James Harris se montrait un peu moins positif sur les plans des patriotes pour détruire le stathoudérat : « Us peuvent formuler contre le prince d'Orange des charges non sans fondement, leur adresse comme sa faiblesse leur en fournira d'autres. Ils veulent le terrifier par l'idée que sa conduite a été assez criminelle pour amener sa tête sur 1 echafaud... Ils n'ont pas l'intention d'abolir l'institution héréditaire du stathoudérat, mais ils veulent se charger de l'éducation des enfants du

* Sir James Harris à Sun Altesse Sérénissime le prince d'Orange, 16 octobre 1785. Diaries^ 11, 159.

^ Cette seconde lettre qui est en français est du 6 novembre 1785. Diaries, II, 165.

prince, envoyer les deux jeunes princes en France, et, chose incroyable, sous la tutelle du rhîngrave de Salm ' . »

Le tuteur eût été mal choisi, il faut l'avouer. C'est une erreur commune aux politiques que d'attribuer à leurs adversaires de plus longs desseins et des projets plus fermement arrêtés qu'ils ne le sont en réalité.

Les patriotes étaient très-décidés à tout faire pour l'emporter sur le prince dans la question du commandement de la Haye; ils ne savaient pas encore quelles seraient leurs mesures pour diminuer, sur les autres points, la puissance de Guillaume y. M. de Yergennes n'hésitait pas à leur conseiller de u s'attacher [plus à diminuer l'abus que le Stathouder pourrait faire d'uneautorité trop étendue que les prérogatives honorifiques de sa dignité*». — a Je puis vous dire d'avance qu'ils ne proposeront rien d'inconstitutionnel » , répondit Yérac, u c'est un grand point , Monsieur le comte, et qui vous donnera toujours un moyen pour vous refuser aux importunités de la cour de Berlin*. »

Les importunités de la cour de Berlin étaient plus fréquentes que vives. Frédéric II s'était dé-

* Sir James Harris aa marquis de Carmartben^ 8 novembre 1785. Diaries, II, 167.

' Lettre de Vergennes, 24 décembre 1785.

' Le marquis de Vérac à M. de Vergennes, 6 janvier 1786.

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