‹ Une invasion prussienne en Hollande en 1787Chapitre 43 sur 167 · CHAPITRE TROISIËMF · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIËMF

une raillerie à la mode que de prétendre les Pays- Bas menés par la vieille servante d'un bourgmestre : les Pays-Bas sont gouvernés par la Hollande, la Hollande est gouvernée par Amsterdam, Amsterdam est gouverné par le jeune bourgmestre Ricker, le jeune bourgmestre Bicker est gouverné par la vieille servante de son père. C'est donc une vieille servante qui est à la tète de la République. Conclusion logique, disait-on, et qui prétait à de nombreux jeux d'esprit. C'était, en effet, un gouvernement aristocratique que celui d*Amsterdam« Quelques familles, toutes liées entre elles pur le sang, toutes riches, toutes orgueilleuses de leur richesse et de leur ancienneté, se partageaient les fonctions publiques et gouvernaient les affaires de la ville. Les fils occupaient les charges que leurs pères avaient remplies avant eux, et les transmettaient a leurs descendants, comme par un droit d'héritage tacite ' . « Il n'est pas un bourgmestre d'Amsterdam qui ne soit aussi noble que tous les

> Le conseil d'Amsterdam se composait de trente-six membres nommés à vie, etquî se recrutaient eux-mêmes. En 1618, en 1672^ en 1748, le conseil fut dissous parles stathouders, qui y firententrer un certain nombre d'éléments nouveaux. Les praticiens d'Amsterdam ne refusaient point d'ailleurs l'entrée du conseil, soit aux descendants des familles patriciennes des autres villes bol* landaises, soit aux bourgeois d'Amsterdam qui s'étaient élevés par leur intelligence et leur travail, mais le gouvernement de la ville n'en demeurait pas moins entre les mains d*un petit nombre de familles.

De 1578 h 1778, la ville d'Amsterdam a compte plus de

princes allemands » , répondit un jour l'un des régents de la cité à une princesse qui lui demandait s'il était gentilhomme. Les rois eux-mêmes ne craignaient pas d'entrer en correspondance directe avec les magistrats d'une ville dont ropinion avait poids dans les affaires de l'Europe.

Les slathouders qui n'aimaient pas Amsterdam se voyaient aussi forcés de compter avec elle, et recouraient tantôt à la persuasion, tantôt à la violence pour agir sur les délibérations du Conseil. Promesses, flatteries, menaces , séditions populaires, coups d'État même, ils avaient tout usé et s'étaient servis de tout. Amsterdam avait été de tout temps l'objectif des ambassadeurs de France, et grâce à l'habileté de M. de la Vauguyon était devenue le plus ferme appui du parti français. Cet appui venait soudain à manquer. Amsterdam semblait changer de camp et portait dans l'armée orangiste ses richesses et son influence. En vain,

400 conseillers, sortis de 204 familles différentes; mais 129 de ces familles n*onc donné chacune qu*un seul conseiller pendant ces deux siècles, tandis que 26 familles en comptaient 147.

Les Bicker, les de Graeff, les Hasselaer, les Hooft, les Van de Poli, les de Witt étaient unis par les liens du sang, et dans toutes ces familles les places de conseiller étaient devenues héréditaires.

Quand M. Jean de Witt, dont il est question dans la suite de ce récit, fut reçu comme conseiller d'Amsterdam, le vieux boui*gmestre de Vry-Temminck lui souhaita la bienvenue en disant : « Vous êtes le troisième de votre sang avec lequel je siège au conseil. J'y suis entré du vivant de votre grand-père, je m'y suis trouvé avec votre père, et je vous y vois maintenant. •

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