‹ Une invasion prussienne en Hollande en 1787Chapitre 47 sur 167 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

Les patriotes, excites par leur succès, demandaient rintervention directe de la France et son action efficace sur Amsterdam, pour obtenir une solution définitive en leur faveur, au sujet du commandement de la Haye. M. de Vergennes n'y était pas disposé. Tout en chargeant l'ambassadeur de leur transmettre les assurances d'amitié les plus positives, il ajoutait : « Le Roi n'est parvenu à arrêter le roi de Prusse qu'en lui représentant qu'il convenait de ne point gêner la République dans son indépendance. Les rapports du Roi avec la Hollande ne sont pas isolés... Ne perdons pas de vue que le Roi doit toujours se montrer comme l'allié de la République , et jamais comme le chef d'un parti... Il n'y a pas lieu de craindre que Sa Majesté Prussienne fasse plus qu'elle n'a fait jusqu'à présent. Ce souverain ne sacrifiera point sa politique et ne compromettra pas ses forces pour procurer quelque avantage au Stathouder... Ni le roi de Prusse, ni le prince royal, son neveu, n'aiment et n'estiment la personne de M. le Stathouder. Ils connaissent sa portée et ne s'occupent de lui qu'en raison de la princesse son épouse ^ . »

Sur les instances réitérées des patriotes , le Roi se décida pourtant à adresser aux États-Généraux un mémoire que Vergennes envoya le 17 avril à

conversation entre le ministre d'Angleterre et le pensionnaire de Zélande.

1 Le comte de Vergennes au marquis de Vérac, 29 mars 1786.

VëraCy en insistant encore sur la vanité des craintes des républicains au sujet du roi de Prusse. Sans entrer dans la discussion des querelles de parti , la déclaration française disait : « Le Roi forme des vœux pour que Ton parvienne à réformer les abus qui peuvent avoir occasionné des dissentiments intestins dans la République... Sa Majesté donneraity s'il était nécessaire, les soins les plus actifs pour empêcher que V. H. P. ne fussent troublées intérieurement comme extérieurement. » — « Nos amis sont très-satisfaits de la note » , répondait Vérac ' .

Le 15 mai, le ministre de Prusse, M. de Thulemeyer, s'adressait à son tour aux États au nom de son souverain : « Sa Majesté, disait-il, applaudit et accède sincèrement aux vœux formés par une puissance amie. Elle apprendra avec la plus grande satisfaction qu'on travaille avec zèle et avec impartialité à mettre non-seulement la véritable constitution et la souveraineté deTÉtat, mais aussi les droits et les prérogatives du stathoudérat héréditaire, hors de toute atteinte. » — « Nous n'avons qu'à applaudir à cette démarche tant pour le fond que pour la forme », déclarait M. de Yergennes.

Sir James Harris ne voulut pas rester en arrière ; la France et la Prusse avaient parlé, il fallait quelaGrande-Bretagnesefit entendre. Chaque jour

^ Le marquis de Vérac, 25 avril 1786.

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