‹ Une invasion prussienne en Hollande en 1787Chapitre 48 sur 167 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

plus indigne de la conduite des orangistes, u dont le courage et l'ardeur s'en vont avec Theure de l'action qui s'approche, et qui retournent à leur système favori de paresse comme le chien à ses vomissements » , le diplomate obstine continuait à tenir ferme le drapeau de l'Angleterre et de la maison d'Orange. « Le Roi croit devoir déclarer » , disait le mémoire remis par sir James Harris, « que rien ne saurait être plus contraire à ses intentions, que de donner un exemple aussi dangereux à la tranquillité et à l'indépendance des Provinces- Unies, que serait celui d'une intervention étrangère dans les affaires internes de la République. » La note anglaise se terminait par une allusion à a des liens de parenté avec le prince à qui V. H. P. ontconfié les charges éminentes de l'État'» . — « Mon mémoire a produit tout l'effet que j'en attendais, écrivait sir James Harris. Nos adversaires, pris par surprise, sont alarmés et embarrassés.» M. de Vergennes ne laissait pas que d'attacher de l'importance à une démarche ^ « qui doit prouver aux patriotes que l'Angleterre parle décidément en faveur de Monsieur le Prince, et qu'elle saisira avec empressement toutes les occasions où elle pourra le servir efficacement » . Les mémoires des cours de Berlin et de Saint-James n'empêchèrent par le succès des républicains. Le

1 il juillet 1786.

« Vergennes à Vérac, 20 juillet 1786.

27 juillet 1786, à la majorité de dix voix contre neuf, le commandement de la Haye fut enlevé au prince stathouder, en faveur duquel trois voix seulement se déclarèrent d'une manière précise. Guillaume V,en recevant la nouvelle de cette décision, se livra à un violent accès de colère, et « donna des marques de dépit beaucoup plus convenables à un enfant qu'à un prince revêtu de charges aussi importantes». Il prit son chapeau, le jeta par terre et le foula aux pieds.

u Si cette affaire a eu une issue aussi défavorable pour M. le Stathouder, c'est uniquement à lui qu'il doit s'en prendre » , remarquait M. de Yérac, « et à la maxime qu'il paraît s'être faite de perdre tout plutôt que de rien retrancher de ses prétentions '. »

Sir James Harris faisait contre mauvaise fortune bon cœur : u Cette mesure traitée par la cour "avec tant d'importance ne m'a jamais produit le même effet ^. » II avait dit quelques jours auparavant : a Nous ne risquons rien ; je retourne à mon

« Vérac, 28 juillet 1786.

^ Sir James Harris au marquis de Carmarcbeo, 28 juillet 1786. Diaries, II, 214.

« Ma C( opération avec M. Van der Spiegel doit être soigneusement cachée au prince, au moins pour un temps^ disait sir James Harrîs, car il est si soupçonneux et craint tant d'être gouverné que l'ombrage qu'il en ressentirait Tareuglerait sur les avantages qu'il pourrait retirer... M. Van der Spiegel est le seul homme que les patriotes craignent, le seul qu'ils reconnaissent universellement comme supérieur à eux tous, »

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