CHAPITRE TROISIEME
vieux thème : la France ne combattra jamais pour ce pays, V Angleterre fût^elle conduite à le réduire par laforce^. » Maigre les prophéties de sir James Harris et les prudents avis de M. de Yergennes, les patriotes triomphaient. Le succès de leur cause et l'abaissement du Stathouder étaient à leurs yeux assurés. Mais la Providence ne s'inquiète pas des adroits calculs et des habiles combinaisons de la politique. Au moment même où la cause orangiste paraissait vaincue, où tout espoir semblait défendu au Stathouder, se passait un événement qui devait relever son parti et abattre le courage de ses adversaires. Le 22 août 1786, sir James Harris écrivait au marquis de Garmarthen : (c Mylord, le roi de Prusse est tombé dans un état inconscient, dans la nuit du 16. Il est mort de bonne heure le lendemain matin. J'ai donné Tordre de faire partir tout de suite d'Helvoët un paquebot extraordinaire^. » Ce n'était pas là une fausse nouvelle. Frédéric le Grand était mort, u II est très-douteux» , déclarait sir James Harris, en revenant quelques heures plus tard sur cet événement, « que son successeur puisse continuer le rôle qu'il a tenu avec tant d'éclat pendant tant d'années. Les jeunes filles les plus modestes sont devenues des femmes galantes; et les plus sages héritiers pré-
^ Sir James Harris au marquis de Garmarthen. La Haye, 14 juillet 1786. Diaries^ II, 210.
2 Sir James Harris. II, 220.
somptifs sont devenus les plus faibles des rois^ » Frédéric- Guillaume II ne devait pas démentir une prédiction que sir James Harris n'eût peutêtre pas consenti à signer quelques mois plus tard.
' Sir James Ilarris au marquis de Garmarthen. Diaries^ II, 220. Sir James Harris disait encore^ et non sans raison : « Cet important événement doit éclaircir de manière ou d'autre le brouillard qui a si longtemps obscurci notre horizon politique, m