‹ Une invasion prussienne en Hollande en 1787Chapitre 63 sur 167 · CHAPITRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIÈME

plir les caisses du parti. On pouvait être souscripteur ou donateur de l'œuvre. Les souscripteurs étaient tenus de verser de un à cinq florins. Les donateurs n'étaient pas taxés et pouvaient fixer eux-mêmes le chiffre de leur contribution. « C'est une manière très-adroite d'exciter la générosité des riches » , remarquait M. de Vérac. Avant même la fondation de la caisse, M. de Berkenrode^, fils de l'ambassadeur des États à Paris , avait mis sa grande fortune à la disposition des patriotes, en autorisant la petite ville de Wyck à tirer sur son banquier toutes les sommes qui seraient nécessaires au parti.

Avant de statuer définitivement siu* le sort du Stathouder, les États de Hollande avaient ordonné aux troupes à leur répartition de quitter les autres provinces et de se réunir pour leur propre défense. On entendait alors par troupes à la répartition d'une province, les troupes spécialement entretenues par elle. Les États-Généraux étaient chargés de fiiire cette distribution.

La Hollande, contribuant pour prèsde 60 p. 100 aux dépenses militaires, avait par cela même à sa répartition plus de la moitié de l'armée commune. « On se demande beaucoup » , dit sir James Harris, à la date du 8 septembre, « si les comman-

* Willem- Anne Lestevenon, sieur de Berkenrode, député aux États-Généraux. Son père fut, pendant quarante-deux ans, ambassadeur des Provinces-Unies à Paris.

dants des régiments obéiront à ces ordres. J'ai, quant a moi, déclaré à plusieurs militaires qui me consultaient sur ce point, qu'en cas d'obéissance, les officiers me semblaient passibles de la loi martiale et du piquet d'exécution, n Les États de Hollande, pour ne pas s'exposer à des refus, n'hésitèrent pas à en appeler aux États-Généraux, qui leur accordèrent douze régiments cantonnés dans la Généralité. Les stathoudériens regardèrent cette démarche de la Hollande comme un triomphe pour leur cause. Cette fière province, pour se faire obéir, était forcée d'avoir recours aux États-Généraux. Sir James Harris, dont le ferme bon sens voyait les choses de plus loin, n'était pas de cet avis. Il regardait l'acquiescement des États-Généraux à la requête des États de Hollande, comme une mesure de faiblesse et de mauvais conseil. L'attitude de la Prusse lui plaisait fort au contraire : « Il n'est pas à présumer qu'elle se rétracte » , écrivait-il a son collègue de Berlin, lord Darlymple; u la dignité du Roi est en jeu. Le caractère de son règne sera fixé par cette première et importante mesure. S'il n'y a pas quelque accord entre la France et l'Autriche, si l'échange de la Bavière n'est pas en quelque sorte conclu contre la promesse de l'Empereur de laisser la Hollande à la France, cette dernière joue un jeu qui n'est pas moins dangereux que faible. » Malgré ces assertions, sir James Harris ne cessait d'insister sur les progrès des /7amb/e5.

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