‹ Une invasion prussienne en Hollande en 1787Chapitre 78 sur 167 · CHAPITRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME

Obtenez du roi de Prusse le mot : « Je suis content» f et tout est dit pour nous; car vous savez que nous n'avons d'autre intérêt que de neutraliser ce monarque ^ »

En attendant ce mot du roi de Prusse, M. de Bayneval në{][ociait avec le comte de Goertz les conditions d'un accord. D'après lui, la première réforme à accomplir était de faire cesser Toccupation d'Elburg et d'Hattem. On s'occuperait ensuite des provinces à règlement et des changements à apporter dans leur constitution. Que si le Stathouder conseillait avec succès à la Gueldre et aux États d'Utrecht de renvoyer leurs troupes, la province de Hollande n'aurait aucune raison , « pour ne pas retirer son cordon et pour ne pas procéder à la révocation de la suspension, après laquelle elle déterminerait d'une manière précise et juste les fonctions attachées constitutionnellement à la charge du capitaine général^ » .

a Nos amis pensent, et selon moi avec raison ^ disait aussi Rayneval, que le souverain ne doit pas capituler avec son serviteur, que, par conséquent, il ne saurait être fait de sa part aucune proposition à M. le Stathouder. » M. de Goertz ne semblait pas moins bien disposé que l'agent français pour faire triompher les idées d'accommodement. <« L m'a con6é hier, dans le plus grand secret » , écri-

> M. de Bayneval à M. d'Esterno, 5 déc. 1786. ^ M. de Rayneyal à M. de Goertz, 5 déc. 1786.

vait Rayneval à Vergennes, <» que le roi de Prusse l'avait muni d'une lettre par laquelle ce monarque déclarait au prince son beau-frère qu'il Tabandonnerait s'il ne souscrivait pas aux choses raisonnables ^ »

M. de Goertz consentit à remettre lui-même à la princesse d'Orange la lettre dans laquelle Rayneval avait tracé les bases d'un accord, et se crut obligé d'insister auprès d'elle sur la nécessité d'une entente. La princesse, après avoir examiné les conditions proposées, « avec son esprit juste et porté au bien » , conseilla au ministre de Prusse de ne communiquer au Stathouder qu'une partie des demandes qui lui étaient soumises. Malgré cette réserve, malgré les conseils du comte de Goertz, le prince parut décidé à ne pas céder. «Je ne vous cacherai pas, monsieur, qu'il a trouvé des choses difficiles et fortes » , déclara Goertz à Rayneval. « Il m'a parlé de la situation avec douleur et vivement afFecté. J'ai tâché de faire valoir sa qualité de citoyen, de père, d'époux. Il m'a prié de lui laisser le temps de la réflexion, et je n'ai pas pu le lui refuser^. » Le lendemain matin, la princesse fit savoir au comte de Goertz qu'elle voulait, avant de répondre, connaître l'avis de Frédéric-Guillaume. « Les affaires n'avanceront point ou fort peu, disait avec raison Vergennes, si à chaque pas ma-

1 Rayneyal, 6 déc. 1786.

* M. de Goertz à M. de Bayneval. Nimègue, 11 déc. 1786.

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