‹ Une invasion prussienne en Hollande en 1787Chapitre 83 sur 167 · CHAPITRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME

le parti français, il avait repris le chemin de Versailles, mécontent du résultat de sa mission, mais très-décidé à appuyer la cause des patriotes auprès du Roi et de ses ministres. Dans un rapport considérable lu et approuvé au Conseil d'État, le mercredi 31 janvier 1787, il disait : « Je ne crains pas d'affirmer que, dans tous les cas où le Stathouder actuel rétablirait son ancienne influence, il ne l'emploierait que pour nuire^ au moins sourdement, à la France et rendre son alliance illusoire. En partant de cette vérité qui est fondée sur une expérience constante, il est évident que nous ne pouvons qu'applaudir secrètement au parti extravagant qu'a pris M. le prince de rejeter les propositions conciliatoires que je lui avais fait parvenir.» Ce refus, d'après M. de Rayneval, avait eu deux résultats également précieux. Le Roi était dégagé vis-à-vis de la Prusse. Les patriotes avaient retrouvé la liberté d'agir vis-à-vis du Stathouder, selon les intérêts de leur patrie. « Nous ne sommes donc pas dans le cas de les contenir, nous n'avons autre chose à désirer, sinon que leur conduite soit légale et exactement calculée d'après les circonstances'. » M. de Rayneval avait été chargé par les chefs patriotes de soumettre au Conseil un plan arrêté avec lui et consigné dans une note annexe, qui lui avait été remise au moment de son départ.

* Rapport de M. de Bayneval lu el approuvé au CoDseil d'État, le 21 janvier 1787. Hollande, 572.

• Ils ne doutent pas que ce plan n'ait l'entière approbation de Sa Majesté et de son conseil. La marche à suivre est bien difficile, cependant elle n'est rien moins qu'imposable, et son efficacité dépendra entièrement de la sagesse et de l'activité de l'ambassadeur du Roi. Quelque mesurée que doive être, quant à présent, sa conduite, il semble qu'il est nécessaire qu'il soit autorisé à assurer en toute occasion les patriotes de la bienveillance et de la protection de Sa Majesté. Cette assurance les fortifiera et les affermira dans la résolution qu'ils ont prise de rétablir l'indépendance extérieure de la République. »

Quelques mois auparavant, M. de Vergennes avait déclaré, dans une dépêche longuement motivée, que le Roi ne pouvait pas et ne devait pas être chef de parti. Les circonstances avaient été plus fortes que la volonté un peu indécise du ministre. La note des chefs patriotes était rédigée avec soin. Elle déterminait la marche à suivre pour défendre les privilèges et les libertés de la Hollande. Les Etats devaient nommer une commission chargée d'étudier les nouvelles instructions que l'on donnerait au prince, en lui rendant sa charge de capitaine et d'amiral général, « afin de pouvoir prendre des mesures ultérieures contre lui » . Quant aux démarches à faire vis-à-vis de la Gueldre, les États de Hollande rappelleraient peu à peu dans leur cordon les troupes 5 leur répartition et refu-

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