‹ Une invasion prussienne en Hollande en 1787Chapitre 90 sur 167 · CHAPITRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME

le 29 janvier à M. Fagel, greffier de L. H. P., il lui déclarait que « la manière maligne et odieuse dont les écrivains de quelques gazettes privilégiées et de quelques autres feuilles hebdomadaires avaient présenté ce qui s'était passé dans la République, durant le séjour de M. de Rayneval, le mettait dans la nécessité de rendre compte de ces événements » • Après avoir résumé en quelques mots les négociations, le Stathouder ajoutait : « La princesse mon épouse prit alors sur elle d'écrire une lettre à M. le comte de Goertz, pour lui donner en abrégé les principales considérations auxquelles les propositions de M. de Bayneval avaient donné lieu. Nous apprîmes avec regret que M. de Rayneval regardait notre réponse comme ayant rompu les négociations. » « Je ne désire rien tant » , disait en finissant le Stathouder, « que de pouvoir concourir dans toutes les occasions à Favénement du vrai bien-être et au maintien de la liberté, du culte divin et de Tindépendance de l'État, fût-ce aux dépens de mon bien et de mon sang ^ » On n'en demandait pas tant au prince d'Orange, et ses déclarations plus pompeuses qu'explicites ne produisirent pas grand effet, même à Berlin. « Tous les rapports que je reçois » , écrivait M. d'Esterno au début de février, » me conduisent à penser que cette cour a, pour le moment, détourné son atten-

> Missive de M. le prince stathouder adressée à M. Fagel, greffier de L. H. P., en date du 29 janvier 1787.

lion des affaires de Hollande, auxquelles on ne pense pas plus que si elles n'existaient pas. v Frédéric-Guillaume s'occupait trop de ses amours et du soin de son âme, pour pouvoir beaucoup penser à sa sœur ou à son beau-frère. Mademoiselle de Yoss et les illuminés se disputaient tout son temps. Le Stathouder n'avait qu'à se tirer lui-même du bourbier où il avait su s'enfoncer. Le Roi, mécontent de ses importunités, semblait incliner chaque jour davantage vers la France et vers le parti français, a il parait que le Roi s'est beaucoup rapproché du prince Henri » , écrivait d'Esterno, « et cela va en augmentant. Ce prince emploie de petits moyens qui ne sont pas les moins efficaces. Il donne tous les lundis à souper au Roi son neveu ; ce souper est suivi d'une comédie. Il fut, hier, suivi d'un bal ; le Roi et les princes n'y sont pas restés, mais il s'y est trouvé des personnes auxquelles le roi de Prusse s'intéresse particulièrement. » Les rapports de Frédéric-Guillaume avec son oncle n'étaient pas à dédaigner, dans un moment où la France désirait prendre une part plus active aux événements des Pays-Bas. Le prince Henri restait à Berlin le chef du parti français, avec M. de Finck pour ministre. û Encore une fois ce prince est, il sera et mourra Français » , écrivait Mirabeau. La sympathie naturelle du prince Henri avait été encore augmentée par les succès qu'il avait obtenus, pendant son séjour à Paris. Il y avait joui d'une grande vogue.

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