‹ Une jambe de moins; épisode de la campagne d'ItalieChapitre 31 sur 39 · LES PREUMINAIRES DU BONHEUR · texte numérisé non relu

LES PREUMINAIRES DU BONHEUR

Le mariage est décidé, tous les obstacles sont le* vés. Les scrupules de Georges ont été vaincus par son amour, et Thomme même qui était le plus in* téressé, en apparence, à voir cet amour échouer, Ta encouragé et en a seul peut-être assuré le succès. Le cœur délicat n'a pas été dupe de sa délicatesse, ainsi qu'il arrive trop souvent : il a eu affaire à des cœurs aussi délicats uue lui. La jeune fille, non plus, ne s'est point laissée aller aux entraînements de son Age, elle a observé, elle a réfléchi. Elle n'a pas tout de suite éprouvé pout* Georges un de ces mouvements irrésistibles Qui sont suivis quelquefois de

si cruels retours : elle a été attirée vers lui par la douce pente de la sympathie, et, ne croyant pas que ce fût là de Famour, elle a jeté les yeux autour d*elle. Un beau capitaine au brillant uniforme, au fringant coursier, a fait battre son cœur une minute, mais elle a reconnu bien vite que dans un salon ce capitaine n'était qu'un très-simple mortel. Elle a voulu de même prêter ToreiUe un soir au babil du délicieux Oscar, mais elle s'est aperçue que le délicieux Oscar n'avait que du babil. Alors elle s'est sentie forte, elle ne s'est plus défiée de son cœur, et quand la calomnie, sous les traits de Mlle de Gomiole, est venue ramper et siffler à ses pieds , elle a pris son vol et s'est réfugiée sur l'arbre de l'amour. Et maintenant nos deux amoureux s'avancent, en se tenant par la main, vers le but auquel ils aspirent, elle pleine de confiance et dans un trouble charmant, lui avec tout l'élan d'une passion qu'il ne se croyait pas capable de ressentir.

La première fois que Mme Dubuisson invita Georges à dtner, ce fut pour lui une véritable fête, et Aunette se moqua beaucoup des frais de toilette qu'il avait faits. Il ne s'en offensa pas, au contraire, tout ce qui venait d'elle lui plaisait. Il ne s'aperçut pas non plus qu'on se mit à table une heure plus tard que l'heure indiquée. Mme Dubuisson était sortie quali*e fois du salon pour voir par eUe-mémc

S) le diner était prèr, et elle s*était plainte de ses gens dans les termes les plus énergiques; mais Georges n*avait entendu que ce que lui avait dit Annette, il n*avait vu que ses beaux yeux et que soxi frais sourire. Il ne remarqua point davantage que le potage était détestable et que le filet de bœuf n'était pas cuit. Que lui importait? Il était assis à côté d*Annette qui lui servait à boire et qui lui parlait à voix basse de mille choses qui Tintéressalent. Mme Dubuisson pouvait donc tout à son aise tempêter à voix haute. On n'avait jamais rien vu de pareil, ce filet aurait été exquis s'il eût été cuit, la cuisinière était une idiote. Le vieil Antoine, troublé, non par ses cris, mais par la présence d'un étran* ger, servait tout de travers, et, comme il eut le malheur de casser une assiette, sa maîtresse partit de celte assiette cassée pour lui reprocher tous ses défauts, puis elle lui commanda de faire venir la femme de chambre et d'aller chercher le rôti. Il revint et dit en tremblant que la cuisinière demandait encore un petit quart d'heure. Quant à la femme de chambre, elle entra un jnoment après avec un bonnet roseet un air rempli de majesté.

« Joséphine, lui dit sa maîtresse, vous allez nous donner des assiettes; ce lourdaud les casserait ton* tes les unes après les autres. »

Le bonnet rose interpellé prit lentement trois assiettes sur le buiïet et les distribua aux convives

avec une dignité qui prouvait bien que cette besogne ne lui convenait pas du tout.

Antoine apporta enfin le rôti. Il était brûlé.

« G*est votre faute, s*écrià impétueusement Mme Dubuisson. Pourquoi nous faire attendre une heure? Sortez. Jeveux que vous disparaissiez de mes yeux., Joséphine nous servira seule. Joséphine I

— Je ne m'appelle pas Joséphine, répondit la« femme de chambre offensée.

— Et comment vous appelez-vous donc ?

— Madame sait bien que je m'appelle Maria.

— Maria! Et vous croyez que je vous appellerai Maria? Détrompoz-vous, ma chère. Je ne puis pas, <l'ailleurs, me souvenir de tous vos noms. Désormais j'appellerai Joséphine toutes mes femmes de chambre, et ma flile, quand elle en aura, les appellera Françoise.

— Je ne sais si madame trouvera des femmes de chambre qui accepteront le nom de Françoise; quant à moi, je ne saurais m'entendre appeler Joséphine.

— Vous êtes une impertinente ! Avez-vous jamais entendu de pareilles jdioses, monsieur DutreyY Sortez et envoyez-moi Antoine. »

Antoine reparut. On lui demanda le dessert; il posa sur la table un compotier.

c Et le reste ? cria Mme Dubuisson d'un air indigné.

—Madame avait dit qu'elle passerait chez le pâtissier et on ne nous a rien apporté, répondit Antoine.

— C'est juste, reprit-elle en se frappant le front, je l'ai oublié! Où avaîs-je donc la tôte? Ah! monsieur Dutrey, je suis inexcusable. Mon bon Antoine, courez vite chez le premier pâtissier venu , apportez-nous ce que vous trouverez de meilleur et de plus frais, et.... envoyez-moi Joséphine. »

Antoine ne fut pas longtemps absent. Il rapporta de la pâtisserie pour vingt personnes. Mme Dubuisson, qui était en train de faire son éloge, lui prodigua de nouveau les épilhèles les moins mesurées. Mais Annette trouva que les gâteaux étaient trèsbons ; ellç en offrit plusieurs fois à Georges et elle lui en choisit môme quelques-uns qu'il accepta, bien entendu, et qu'il proclama parfaits.

Lorsqu'on fut revenu dans le salon, Mme Dubuisson, qui ne semblait nullement fatiguée des laborieux efforts qu'elle avait faits pour mener son dîner à bien, Tintarissable Mme Dubuisson dit à son futur gendre :

« Vous voyez, monsieur, voilà comme nous vivons. Je n'ai presque rien changé à notre ordinaire, j'ai voulu que vous pussiez vous croire déjà en famille. Sans doute le service laisse à désirer, et je n'ai pas besoin de vous dire que les domestiques font le tourment de ma vie, mais c'est toujours ainsi dans une maison où il n'y a pas d'hommes ;

ces gens-là ne craignent.que les homnies et n'obéissent qu'aux hommes : une femme, môme une femme comme moi, ne leur impose en rien. Patience ! les clioses changeront lorsque vous serez ici ; Us verront tout de suite qu'ils ont un maître et ils baisseront pavillon. »

Georges dressa Toreille. Il n'ignorait pas qu'en épousant la fille il lui faudrait aussi épouser la mère, mais il s'était plu à se faire illusion et à s'égarer dans des rêves de solilude et de vie à deux qui ne cadraient nullement avec les projets de Mme Dubuisson. Il allait donc risquer quelques objections, quand il s'aperçut qu'Annette le regardait d'un air singulier et qu'elle était tout à coup devenue sérieuse. Il se tut, craignant de lui déplaire. Mme Dubuisson qui, pendant ce temps, avait développé plus au long tous les avawtages qui résulteraient pour eux de la vie & trois, voyant que Georges ne partageait point son enthousiasme, Tinterpella aloçs très- vivement :

< Est-ce que vous auriez par hasard d'autres idées, dit-elle, est-ce que vous nourririez le noir dessein de m'arracher à jamais mon enfant? Je vous préviens en ce cas , monsieur Dutrey , qu'il n'y a rien de fait, que je ne vous donne plus ma fille. Je ne saurais vivre sans elle, elle ne saurait vivre sans moi. Je me rappelle ce qu'il m'en a coulé pour me séparer d'elle pendant cinq ans, et la pauvre petite

ne m'a jamais dit tout ce qu'elle a souffert auprùs de sa taille! Ce qui m'avait charmée en vous, c'est que justement vous étiez habitué à la vie de famille. Je m'étais dit : « Puisqu'il s'est arrangé avec les * Gonthard, à plus forlc raison s'arrangera-t-il avec « moi. » Car je n'ai pas tous leurs travers et toutes leurs exigences ; vous serez plus libre chez moi que vous ne l'êtes chez eux. Je vous dirai entre nous, que je .suis la meilleure des fennnes, la plus douce, la plus facile à vivre. Demandez plutôt à Annelte. Vous vous taisez? Et moi qui croyais réaliser ainsi votre vœu le plus cher! Mais je le répèle, monsieur Dulrey, il n'y a rien de fait si vous n'acceptez pas cette condition. Je ne dis pas que nous la mettrons dans le contrat ; le notaire, que j'ai consulté, prétend que ce ne serait pas facile, mais j'exige que vous vous engagiez sur l'honneur à me laisser habiter sous le même toit que ma fille. »

L'alternative était bien posée. Georges eut peur, en hésitant plus longtemps, de s'aliéner le cœur d'Annetle. Il balbutia quelques mots qui signifiaient qu'il ne reculerait devant rien pour l'obtenir, et ajouta poliment qu'il se soumettrait à des conditions bien autrement terribles. Mme Dubuisson enchantée l'embrassa en le nommant son gendre, et Annelte le remercia par un sourire qui lui fit oublier, du moins pour le moment, Teffort qu'il venait de faire.

Il voulut annoncer dès le lendemain h son beau- Tpère que le mariage était décidé. M. Gonihard ne manifesta aucune surprise, il é(aîl préparé à cette nouvelle, et il se iCon(enla de féliciter Georges en termes convenables. II le pria seulement de n'en point parler à Mme Gonthard, disant qu'il se chargeait lui-même de la prévenir; puis il lui fit quelques questions discrètes et lui donna quelques sages conseils. Georges en fut touché. Il voulut encore une fois s'ouvrir à lui tout entier. Il lui exposa ses projets, ses rêves d'avenir; il provoqua des observations et des réflexions. Mais comme M. Gonthard lui disait que , puisque toute la fortune appartenait à la flile, il serait bon d'assurer par contrat à la mère une somme annuelle qui la rendit indépendante, Georges se troubla et finit par lui avouer quelle condition sine qud non Mme Dubuisson avait mise à son bonheur. M. Gonihard fit un mouvement qu'il réprima aussitôt. Ils se regardèreni, se comprirent, et, la délicatesse ne leur permettant pas d'échanger leurs idées là-dessus , l'entretien en resta là.

A partir de ce jour, Georges passa chez Mme Dubuisson presque tous les instants où il n'était point à sa fabrique, et encore ne se rendait-il à B.... que lorsque sa présence y était indispensable. Les affaires qui avaient été pour lui une distraction commençaient à lui peser. Mme Dubuisson le railla sur

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ses goûfs industriels ; elle lui représenta qu'avec sa fortune et ce que lui apportait sa femme, il pouvait très-bien se dispenser de travailler. S'il fallait de toute nécessité qu'il fûl occupé, on n'aurait point de peine à lui procurer plus tard quelque bonne place qui lui vaudrait honneur et profit. Il objecta timidement qu'il préférait conserver son indépendance, que la fabrique ne lui prenait pas beaucoup de temps, qu'elle était en voie de prospérer et donnait déjà de bons résultats. Mais Annette insinua qu'elle aurait voulu que son mari fût tout à elle. Il n'en fallut pas davantage. Georges, sans en parler à M. Gonthard , céda à un ami l'intérêt qu'il avait dans la fabrique de B.... et recueillit en récompense la verbeuse approbation de la mère et les muets remercîments de la fille.

Du reste, il s'abandonnait sans contrainte au .sentiment qu'il éprouvait, à cet amour tout-puissant, à ce tyran dont il avait si longtemps nié Tempire. Un mot, un sourire d'Annette lui ouvrait les •portes du ciel. Le milieu où elle vivait n'était rien : il la voyait, il l'entendait, c'était tout pour lui. Quant à la jeune fille, elle était plus flattée que touchée peut-être de la passion qu'elle ins()irait, et son âme en fleur se fermait presque à ces ardeurs trop vives; c'était un soleil d'été qui effrayait son printemps. Il semble qu'un amour mutuel et également tendre ne puisse être le résultat que de cer*

faines harmonies, surtout de Tharmonie des &ges. Lorsqu'on a trente ans et qu'on aime une enfant qui n'en a que dix-sept, on donne toujours plus qu'on ne reçoit. Et cependant, à roccasion, Annette témoignait à Georges alTection et confiance; mais elle ne pouvait s'empêcher de regarder d'un œil effarouché ces transports dont elle était cause et qui avaient encore pour elle je ne sais quoi de bizarre et de mystérieux.

Les jours, les semaines se succédaient, on commençait à parler de la corJ}eille. Georges aurait volontiers prié Mme Dubuissoii de le diriger dans ses eraplelles, s'il n'eût maintes fois remarqué qu'elle avait un goût douteux et qu'Anneltc n'était presque jamais, en fait de toilette, de l'avis de sa mère. Il jugea donc plus prudent de consulter la jeune personne elle-même, mais elle se récria, dit que cela ne la regardait pas, qu'il lui donnerait ce qu'il voudrait et qu'elle serait toujours contente, pourvu qu'il ne fit pas de folies.

Néanmoins il insista si doucement que, pour ne lui point faire de peine, elle consentit à lui donner quelques vagues indications. Elle aimerait une cobe de telle couleur, un châle de telle espèce, des dentelles comme ceci, des diamants comme cela. Peu à peu les indications devinrent plus précises. En allant à Paris la veille, car il fallait aussi songer à son trousseau, elle avait vu à tel endroit une déli-

cieuse étofTe» un délicieux cachemire, une délicieuse parure. Mais cela devait couler bien cher, et elle lui défendait de rien acheter si le prix n'était pas raisonnable. Avec quelle joie Georges courait à Ririspour se procurer Tobjet indiqué! Avec quelle joie plus grande il venait le soir conter tout bas à sa jolie fiancée que Templetle était faite ! Et quand la corbeille fut au complet, quand il put livrer toutes ces belles choses aux regards éblouis de la mère et de la fille, quelle récompense il trouva dans les exclamations, dans les sourires, dans les rougeurs subites de sa chère Anneltel Elle était radieuse, et il était fou de reconnaissance, et il lui semblait que tous ces colifichets n'avaient point été payés leur prix.

Oh ! ne riez pas, jeunes gens qui lisez ces pagesy ne dites pas que je m'arrête k des détails sans valeur. Vous le saurez un jour par vous-mêmes, si vous ne le savez déjà : il n'y a point de spectacle au monde, si beau, si ^plendide, si sublime qu'il soit, qui vaille la vue de tels éclairs dans des yeux aimés.

Vint enfin le moment de s'occuper du contrat. Un notaire qui, de longue date, était ami de Mme Dubuisson, fut chargé de le rédiger. Il se proposait de défendre les intérêts de sa cliente, mais comme il vit qu'on ne songeait nullement à les attaquer et que» de plus, il était honnête homme, il ménagea

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en même temps ceux de Georges. Il trouva même que celui-ci était beaucoup trop généreux en voulant assurer à sa belle-mère une rente de dix mille francs» car le notaire, ainsi que l'avait fait M. Gonthard, avait particulièrement insisté pour qu*on prévit le cas où Mme Dubuisson quitterait ses enfants. La bonne dame s'en était indignée et avait déclaré bien haut qu'elle n'accepterait rien ; mais le notaire parvint à lui faire comprendre que ce n'était qu'une pure formalité, et la pension, à la grande satisfaction de Georges, fut fixée à six mille francs.

On avait pris jour pour la signature, lorsque Mme Dubuisson se souvint tout à coup qu'elle n'avait point annoncé à sa sœur le mariage d'Annette. Celle-ci la rassun^ en avouant qu'elle avait écrit plusieurs fois à sa tante; mais Mme Dubuisson ne s'en trouva pas moins impardonnable, et il fût con* venu qu'on irait au couvent le lendemain et qu'on présenterait Georges à la mère Angèle.

Il partit seul de Versailles et rejoignit ces dames à Paris dans un hôtel. De là on se rendit au courent. Annette avait souvent parlé à son fiancé de la bonté de cœur et de la supériorité d'esprit de sa tante, mais à voix basse, Mme Dubuisson n'aimant pas qu'on trait&t ce sujet devant elle. Toute bçnue qu'elle était au fond, elle ne pardonnait point à la mère Angèle d'avoir été plus capable qu'elle d'éle-

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ver Annette. Georges se sentit pris de sympathie pour cette sainte et aimable femme, il ne lui plut pas moins des^n côté, et elle avoua tout haut qu'elle trouvait son neveu fort à son goût. Toutefois elle ne se permit aucune question sur ce qui le concernait» soit qu'elle eût appris par les lettres d' Annette ce qu'elle voulait savoir, soit qu'elle fût bien convaincue que, pour parler, sa sœur n'avait pas besoin d'être questionnée. En effet, Mme Dubuisson se mit peu à peu & énumérer tous les avantages que leur procurait l'alliance de M. Dutrey, qu'il était riche, qu'il était beau, qu'il était bon, qu'il avait de l'esprit, qu'il ferait un gendre parfait. Georges ne sa« vait plus où se mettre. La bonne religieuse écoutait tout cela avec cette indulgence d'un cœur qui, bien que détaché de la terre, en comprend pourtant les douceurs et les joies. Mais lorsque Mme Dubuisson en vint à lui dire qu'elle ne perdait point sa fille en la mariant et qu'elle habiterait avec son gendre, la mère Angèle ne put réprimer un mouvement de pénilile surprise que Georges n'interpréta que trop bien. C'était le même mouvement qui était échappé à M. Gonthard à la première nouvelle de ce beau projet de cohabitation.

Mais qu'importe! Georges est heureux. Un si petit nunge ne saurait troubler la pureté de l'azur où plane son amour; Tout est joie en lui et autour de lui ; il ne voit que rayons dorés, il ne respii*e qu'eni-

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vrants parfums, il n'entend dans Pair que voix harmonieuses qui chantent son bonheur. OCi ne s'égarent pas SCS espérances, jusqu'où n(^ montent pas ses vœux ? Le voilà qui entre dans le vaste royaume des illusions. Quant à la raison, il ne l'écoute guère; et, d'ailleurs, elle se tait, n'ayant rien à dire. Nous avons envie de faire comme elle, car, à le suivre plus longtemps dans son délire d'amoureux, nous risquerions de passer pour fou aux yeux du lecteur qui est, nous l'espérons, plus calme et partant plus sage que notre héros.

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