‹ Une journée parlementaireChapitre 18 sur 61 · ACTE l'HE.MiEH · texte numérisé non relu

ACTE l'HE.MiEH

nir moi-niêrnc, dans l'espoir (jiic vous auriez quel<iues éclaircissements à nie donner sur cette fâcheuse lettre que nous possédons à cet iitstant, Thui infje se lèce et va. s'as>^ur(ir (pie fierionite n écoute à la. porte), où certain industriel du Nord, en vous remerciant de votre intervention à la tribune, vous annonce un envoi de cent mille francs.

Tlll RINOE

C'est faux 1

FOHESTIER

Pour conlioler le papier, nul moyeu meilleui que de le soumettre à la discussion publique.

TUl RlNf.K

S'il était aullienti(jue, vous ne l'auriez que grâce à un vol.

Laissons la question d'origine.

TH1 RINGE

C'est un faux. Toutefois, si je puis éviter sa publication, j'y suis prêt [tour écarter des malentendus.

l-ORESTIER

Quand le juif Deutz, (}ui pouvait livrer la retraite de la duchesse de Berry, pénétra chez M. Thiers, ce ministre lui dit : (( Vous allez être très riche. » Deutz fut si ému que ses jambes tremblaient. — Qa'allez-vous m'olîrir, à. moi, qui me fasse le plaisir que l'argent donne... à tant d'autres ?

TIURINGE

Vous avez tort, monsieur, si vous me rangez moimême parmi ceux qu'enivre l'argent. J'aime le pouvoir et le maniement des hommes. L'argent, en soi,

ne m'est pas agréable ; il n'est qu'une condition à laquelle les circonstances m'imposent de me plier. Si, à une heure quelconque, j'avais essayé de me procurer de l'argent, c'aurait été parce qu'un homme politique doit faire face aux frais de sa candidature, parce qu'un cAïcï de parti est en même temps le 'banquier de son parti, parce qu'un théoricien désire propager ses idées, leur assurer des concours et désarmer des oppositions, et en lin parce qu'un homme en vue doit vivre honorablement... En un mot, je ne suis pas plus un homme d'argent, que vous un homme de diffamation ; à vous ceci, comme à moi cela, sont des moyens, et ce moyen dont vous usez contre moi, vous-même, ne vous l'êtesvous pas procuré par un vol ?

Pardon ! en diffamant, comme vous dites, je rétablis la vérité, j'éclaire le pays.

THURINGE

Et moi, en achetant, je compose une majorité, je gouverne pour le bien du pays.

FORESTIER

Sincèrement, vous croyez que votre parti représente le bien du pays?

THURINGE

No croyez-vous pas au vôtre?

FORESTIER

Permettez, je ne suis ni de ce parti-ci, ni de celuilà....

THURINGE

Et duquel êtes-vous?

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