LE MU DE ROSSIGNOLS
dan d'Egypte envoyèrent des ambassadeurs pour proposer leur alliance au sire de Maulcvricr; les deux cousines ne se lassaient pus d'être lillcs et ne voulurent pas en entendre parler. Peut-être avaient-elles senti par un secret instinct que leur mission ici-bas était d'être filles et de chanter, et qu'elles y dérogeraient en faisant autre chose.
Elles étaient venues toutes petites dans co manoir. La fenêtre de leur chambre donnait sur le parc, et elles avaient été bercées par le chant des oiseaux. A peine se tenaient-elles debout que le vieux Blondiau, ménétrier du sire, avait posé leurs petites mains sur les touches d'ivoire du virginal; elles n'avaient pas eu d'autre hochet et avaient su chanter avant de parler; elles chantaient comme les autres respirent : cela leur était naturel.
Cette éducation avait singulièrement influé sur leur caractère. Leur enfance harmonieuse les avait séparées de l'enfance turbulente et bavarde. Elles n'avaient jamais poussé un cri aigu ni une plainte discordante : elles pleuraient en mesure et gémissaient d'accord. Le sens musical, développé chez elles aux dépens des autres , les rendait pe»; sensi-