‹ Une leçon d'agriculture [microforme]Chapitre 18 sur 49 · SIN · texte numérisé non relu

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d'inde. Des patates cultivées dans de telles conditions seront moins sujettes à pourrir.

84. ANIMAUX MORTS.—S'il meurt quelque animal sur la ferme, faisons une grande fosse, au-dessous du tas de fuinier si c’est possible, pour l’y déposer; couvrons lanimal de trois pieds de bonne terre, et après deux ans, on pourra vider complètement cette fosse, qui nous donnera plusieurs charges d’un excellent engrais.

85. OS ET POUDRE D’OS.—Ramassons tous les os avec soin; dans les longues soirées d'hiver, on pourra les broyer sur le foyer. Au printemps, on mélangera ces os broyés avec un poids égal de cendres vives et de terre sèche (pour un minot d’os, un demi-minot de cendre et autant de terre; on arrosera le tout abondamment, et après sept ou huit jours, on retournera letas. Si, après quinze jours, il reste encore de gros morceaux d'os, on l’arrosera et on le mélangera de nouveau. Si l’on n’a qu'un minot d'os moulus, il vaudrait

mieux mettre le mélange dans un quart vide et l’arroser avec

de l’eau bouillante, afin de produire la chaleur nécessaire à la décomposition des os. Cette décomposition obtenue, on étendra le tout pour le faire sécher, puis on sèmera une toute petite quantité de cette poudre (à raison de seize minots par arpent) sur la graine de chou, de navet, de betterave, de carotte, d’oignon, &c. On doublera ainsi la récolte qu’on obtiendrait avec du fumier seulement.

86. GUANO DOMESTIQUE.— Vous savez que le. meilleur guano, qui se vend jusqu’à trois centins et demi la livre, n’est rien autre chose que du fumier de volaille (d'oiseaux de mer) desséché, et qui n’a pas été lavé par les pluies.

87. Si nous faisons sécher de même le fumier de volaille, nous obtiendrons un guano domestique qui, étendu à raison de cinq minots par arpent, peut doubler la récolte de blé. Pour cela, on ramassera, dans l'été, de la poussière de chemin (toute

84. Animaux morts ; leur utilisation ; ils produisent un excellent engrais. 85. Ramasser les os ; les broyer, les faire dissoudre par la fermentation ; comment employer la poudre d'os ; sa valeur, 86, Guano; sa valeur, 87. Guano domestique, sa valeur, sa préparation ; quantité à ré andre.

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espèce de terre, le sable excepté,) que l’on mettra à l’abri, dans des boîtes ou des quarts. Puis on ramassera chaque semaine le fumier de volaille, que l’on couvrira d’une quantité égale de terre sèche. Au printemps, on étendra le tout dans une batterie pendant quelques jours, et aussitôt le mélange parfaitement sec, on le battra au fléau, afin de bien écraser les mottes. Semez dix minots de ce mélange par arpent sur le grain, ou après le hersage. et vous augmenterez votre recolte d'autant de minots de blé.

88. POISSON POURRI ET VARECH.—Les cultivateurs habitant le bord de la mer ou près des villes, ne devraient jamais négliger ces engrais précieux, qui valent trois ou quatre fois le fumier. Quelquefois, on met le poisson en tas pour le faire pourrir également; mais il est bon G’y mélanger un poids égal de terre sèche, afin qu’il ne perde rien de ses matières fertilisantes pendant la décomposition.

89. ENGRAIS VERTS.—Les engrais verts se font au moyen de récoltes qu’on enterre, par un labour, pendant que les plantes sont en fleur. On recommande surtout le sarrasin pour cela ; viennent ensuite les pois, les lentilles, les navets semés très-fort et à la volée, la moutarde, et enfin toutes les plantes qui produisent beaucoup de tiges molles et pleines de suc (sève). On devrait toujours arroser ces semences, les couvrir de plâtre lorsque l’on sème,et plâtrer de nouveau quand elles sont levées. On

rdoublera ainsi les tiges et les engrais. Mais une des meilleures plantes pour engraisser la terre, c’est certainement le trèfle. On peut d’abord en obtenir une bonne récolte que l'ondoit invariablement couper en fleur (du 24 Juin au rer Juillet). S'il vient de la pluie après la récolte enlevée, il sera bon de plâtrer ; aussitôt que la seconde pousse sera bien en fleur, on-devra l’enterrer soigneusement. On obtiendra l’année suivante des récoltes excellentes de blé, de fèves, &c. Mais il ne faudrait pas continuer ce système sans mettre du fumier sur les pièces ; autrement, on arriverait tôt ou tard à épuiser la terre. Des culti-

88. Poisson pourri et varech comme engrais; compost, — 89, Ce qu’ou entend par engrais verts ; enfouisserment du surrasin, des pois, des navets, de la moutarde ; plâtrage des semences’; le trèfle comm engrais ; préparation à la culture du blé, des fèves, etc, ; sa valeur,

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vateurs intelligents doivent leur fortune au trèfle qu'ils avaient enfoui pour préparer leur terre à la culture du blé.

90. MANIERE D'ENFOUIR LES ENGRAIS VERTS.—Le meilleur moyen de coucher les tiges que l’on veut ainsi enfouir, est 3 d’accrocher à l’âge de la charrue (/a perche), près du coutre, une 1: s chaîne de trois à quatre pieds de long, au bout de laquelle on ! | attache nne pierre ou un poids quelconque d'environ dix livres. , | Un autre bon moyen est indiqué par la gravure suivante, dans | laquelle on voit une chaîne à billot, accrochée d’un bout au à grand bacul, et attachée de l’autre à l'age de la charrue, de ÿ

: — - H Lie L FIG. 25.—Munière de coucher les tiges en labourant. 11

manière à lui faire décrire une courbe qui entraine ct couche les tiges sans, cependant, en laisser traîner assez’ long pour 5- LE qu ‘elle enterre la chaîne sous le versoir (oretlle) de la charrue.

n 14 Le 91. CHAUX.—II n'y a guère de vieille terre, dans cette Pro- |$ nt vince, qui ne puisse être grandement améliorée par la chaux. je Sur toutes ces terres qui autrefois produisaient du blé en Le abondance, et qui sont aujourd’hui si appauvries, un peu de | fumier et deux ou trois barriques de caaux, avec un bon sys- ! tème de rotation, ramèneraient l'abondance. Faites éteindre la chaux en la plaçant sur le champ, par petits tas que vous couvrirez de terre, et quand elle sera parfaitement éteinte vous l’étendrez à la pelle sur un labour d'automne. N'y mettez pas de fumier la même année ; car la chaux a pour effet de

90. Comment se fait l’enfouissement, chaîne et poids traînants.—9#1, La chaux ù comme amendement ; quantité nécessaire ; comment l’étendre ; ne la point ule mélanger au fumier, et pourquoi.

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décomposer le fumier trop vivement, et d'en faire perdre les éléments les plus précieux.

92. PLATRE.—Avez-vous jamzis essayé le plâtre sur vos prairies ? Avec 17 minot, qui coûtera 75 centins à peu près, vous doublerez le plus souvent votre récolte de foin. Si votre terre ne se couvre pas d’eau, plâtrez pendant le dégel au printemps, ou bien, aussitôt que l’herbe reverdit. Plâtrez également les germes de patates à mesure que vous les couperez pour la semence. Arrosez vos pois au moment de les semer, et couvrez-les de plâtre *“ pour chaque pinte ainsi employée, vous vous assurerez une bonne et belle levée, et vous aurez une récolte de beaucoup plus abondante. Couvrez également de plâtre vos semences de blé-d’inde, de fèves, de betteraves, de carottes, de lentilles, et plâtrez-les encore quelques jours après leur levée ; mettez de même un peu de plâtre sur vos plants de chou et de tabac en les transplantant ; vous en verrez bientôt l'immense avantage. Voulez-vous assurer la levée de votre graine de trèfle ? répandez un demi-minot de plâtre par arpent aussitôt que la graine est semée. Le plâtre est une véritable source de fortune pour le bon cultivateur, qui, tout en plâtrant, sait utiliser tous ses fumiers et ses autres engrais.

03. SEL.—Vos terres poussent-elles ex orgueil, la paille se couche-t-elle avant que le grain mürisse ? semez-y deux minots de Sel par arpent, après avoir donné un coup de herse sur votre semence. Le sel donnera de la force à la paille, et le grain mürira avant que la paille se courbe, pourvu toutefois que ces terres soient bien égouttées. Le sel a aussi pour effet de détruire les vers; mais si l'on en semait trop, on détruirait également toute végétation. Mélangé au fumier, le sel en augmente considérablement la valeur.

94 CENDRES.— La cendre de bois est un puissant engrais qu'on ne devrait jamais laisser perdre. Pour les prairies, 200

92. Plâtre sur prairies; quantité à employer; quand doit-on le répandre; plâtrer certaines semences ; les jeunes trèfles ; résultats de l’emploi du plâtre ; ilne dispense pas du fumier.-—93, Quand le sel peut être employé utilement; il donne de la force à la paille, détruit les vers, augmente la valeur du fumier.— 94.—-Cendres ; leur valeur ; quantité que l’on doit employer ; elles détruisent la mousse.

minots de cendres lessivées, étendues à l'automne, valent 20 voyages de bon fumier, et détruisent complètement la mousse. Les cendres de charbon de terre sont utiles sur les prairies

et sur les terres fortes; nais elles valent bien moins que celles de bois.

95. SUIE.—La suie est un bon engrais. Elle est surtout utile, dans les jardins et dans les champs d'oignons pour détruire les vers. On devrait donc toujours la conserver.

96. AMENDEMENTS.—SABLE.—Vos terres sont-elles trèsfortes ? charroyez-y, en hiver et dans les mortes saisons, 100 voyages de sable par arpent, si vous pouvez vous le procurer facilement. Ce sable améliorera la terre tout autant que le fumier, et durera plus longtemps. Rappelez-vous seulement que les amendements ne dispensent pas du fumier, mais qu’ils en doublent la valeur.

07. GLAISE.—Vos terres sont-elles sablonneuses et légères ? charroyez-y 100 voyagés de glaise et plus par arpent. Essayez-en sur 7{ d’arpent en prairie, et vous en serez si content, que vous voudrez répéter la même opération pour toute votre terre. C’est un travail que l'on peut souvent faire l'hiver.

98. TERRE NOIRE OU DE SAVANE.—LAa terre noire est aussi très-bonne pour amender toute espèce de terres, —terres sablonneuses, terres franches, terres glaises. Une centaine de voyages de terre noire par arpent suffiront pour rendre ces terres fertiles pendant bien des années. Mais il faut ordinairement mettre cette terre par tas, plusieurs mois d'avance, afin de l’'assécher et de la débarrasser des acides qu'elle contient ; on pourra alors la charroyer sans inconvénient en toute saison.

99. COMPOSTS.—On donne ce nom à des mélanges de terres (levées de fossé, terre de savane, terre glaise et autres bonnes

95. La suie comme engrais; elle détruit les vers.—96, Amendements; sable pour terres fortes; quantité qu’il faut employer; les amendements ne dispensent pas du fumier.—97, Glaise pour terres légères; quantité à employer.— 98. Terre de savane; sa valeur; comment on l’assèche.—99, Composts; leur valeur pour prairies; utilisation des engrais humains et des déchets de toute espèce ; leur mélange avec des terres sèches,

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terres sèches), que l’on mélange avec du fumier ou avec de la chaux (1), de la cendre et toute autre matière fertilisante. Ces composts sont surtout excellents pour amender les prairies. Il est reconnu que la terre de savane mélangée au fumier double la valeur de ce dernier, c’est-à-dire qu'un compost contenant 50 voyages de fumier et 50 voyages de terre sèche bien mélangés, auront autant d'effet sur la prairie que 100 voyages de fumier. Faisons donc des composts. Mélangeons de même des terres sèches aux engrais humains, si puissants, que nous pourrons alors étendre sans le moindre inconvénient. Conservons nos cendres, tant fraîches que lessivées, ainsi que la suie, pour les répandre dans les champs ou dans les jardins. Utilisons même les eaux sales, les balayures et toutes les autres matières fertilisantes, qui le plus souvent croupissent près de nos demeures. Rappelons-nous que tout ce qui vient à pourrir engraisse la terre. Quelques charges de terre sèche, mises à l'abri, tout près de la maison, pourront servir à assécher et à couvrir toutes ces matières, et nous fourniront chaque année plusieurs charges d’un excellent engrais. .

100. Voilà bien des sources de richesses, à la portée du cultivateur, qui, si elles étaient utilisées, augmenteraient immensément ses revenus, sans augmenter beaucoup ses frais de culture, Plus nous les négligerons, plus nous nous appauvrirons : hâtons-nous donc de les mettre à profit. Puis, quand le gaspillage des fumiers aura cessé, il faudra, si c’est possible, que nous augmentions davantage nos engrais par l’augmentation du bétail.

101. DU BETAIL.—Vous vous plaignez avec raison de ce que les terres, le plus souvent, ne rendent pas, que la maind'œuvre devient de plus en plus chère et rare, et que les grains se vendent fort peu. Si vous pouviez arriver à obtenir les mêmes récoltes qu'aujourd'hui en ensemençant moitié moins de terre, n'est-ce pas que votre position serait bien meilleure ?

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100. Sources de richesses non exploitées ; faire cesser tout gaspillage d'engrais —101. Le bétail permet de doubler la récolte sans augmenter les frais de culture ; bons pâturages; bonnes prairies ; beau bétail.

(1) Il ne fautjamais mélanger de la chaux et du fumier dans le même compost.

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Eh bien, cela vous est très-possible. Faites de bons pâturages, de bonnes prairies, et ayez des animaux que vous ne négligerez point; ménagez vos fumiers; tàchez d'arriver à ne semer en grain que es friches ou des prairies relevées, et des pièces améliorées, soit par ‘les lavours d'été, soit par la culture des plantes sarciéts ; vous obtiendrez bientôt autant, sinon plus, de grain qu'a 1jourd'hui, tout en semant la moitié moins. De plus, si vos animaux sont bien choisis et bien soignés, ils vous donneront de gros profits.

102. Par la culture du trèfle, des lentilles, du blé-d’inde que vous récolterez en vert, des betteraves, des navets, des patates, etc., vous pourrez engraisser avec profit au moins deux têtes de bétail, là où vous pouviez à peine en entretenir une auparavant.

103. PREPARATION ECONOMIQUE DU FOURRAGE. HACHE- PAILLE.—En hachant tous vos fourrages au hache-paille, et en : les faisant tremper pendant 24 heures dans de l'eau chaude, il vous n'en perdrez pas un brin, vous en doublerez au moins la a valeur, et vous ferez donner du lait aux vaches pendant tout l'hiver. Ne me dites pas que cela exigera de vous beaucoup de soin; êtes-vous bien occupés pendant l'hiver ? Est-ce que les perdrix, par hasard, vous tomberaient toutes cuites dans la bouche ? On n'obtient rien sans peine dans ce bas monde, et pour s'enrichir, il ne faut pas craindre de s'imposer quelque A. fatigue. A

104. Un bon hache-paille peut aisément servir à 3 ou 4 cultivateurs. Il ne faut acheter que ceux qui sont müs par les chevaux; les hommes sont maintenant trop exigeants pour que l’on puisse songer à compter sur leurs services. Le hache-paille, ici représenté, coùte $45; il est mü par deux chevaux, comme la machine à battre, et peut couper 100 bottes de paille ou de foin par heure. Un bon hache-paille, mà par un seul cheval, coûtera $28. Plus le fourrage est haché

102. Comment doubler la nourriture du bétail.—108. Avantages du hachepaille; les fourrages fermentés ; ne point craindre le trouble,—104, Le hache- : paille peut servir à plusieurs cultivateurs; choisir ceux qui sont muüs par Ë les chevaux; leur prix; fourrage baché nu enu; comment faire fermenter les fourrages hachés; économie ; fermentatiun à l’eau froide. .

menu (##), plus il est profitable. Vous vous ferez une grande boîte bien étanche ct bien couverte, dans laquelle vous metou trez la quantité de fourrage que vos animaux peuvent manger dans une journée ; vous y jetterez deux seaux d'eau chaude et quelques poignées de sel pour chaque vache que vous avez à nourrir ; vous mélangerez le tout, et vous Æ le laisserez fermenter pendant vingt-quatre heures. Vos animaux D Fes ainsi soignés dépense- F1G. 26. Hache-paille mû par des chevaux. ront beaucoup moins, et seront infiniment mieux. S'il vous est impossible de faire chauffer l’eau, vous pourrez arroser votre mélange à l'eau froide ; mais il sera loin d’être aussi bon.

105. SON FERMENTE.—GRAIN MOULU.—Quand vous donnerez du son à vos animaux, ayez toujours le soin de l’échauder, et de le laisser plusieurs heures dans un vaisseau couvert. Le grain étant ainsi préparé, l’animal pourra en digérer les diverses substances, qui autrement seraient en grande partie perdues dans les fumiers. Faites de même pour le grain moulu. Ne donnez jamais de grain sec aux bœufs, aux vaches ou aux cochons: vous perdriez au moins la moitié de sa valeur. Faites-le moudre, et échaudez-le comme le son, si vous voulez en retirer tout le profit possible. Plusieurs cultivateurs font tremper leur grain: c’est moins mal que de le donner sec; mais il y a encore là une perte considérable.

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