‹ Une leçon d'agriculture [microforme]Chapitre 19 sur 49 · SOINS A DONNER AU BETAIL.—LE PANSER.—PROPRE · texte numérisé non relu

SOINS A DONNER AU BETAIL.—LE PANSER.—PROPRE

TE DANS LES ETABLES, &C.—De même qu'une pièce de terre parfaitement cultivée et engraissée donne le produit de trois

105. Son échaudé; sa valeur; grain moulu; ne point donner de grain non moulu aux bêtes à cornes ni aux cochons; moudre le grain, l’échauder, le faire tremper.—106. Profit des animaux bien soignés.

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pièces mal cultivées, de même un animal bien soigné donne le profit de trois animaux maigres.

107. Ne laissez jamais errer vos animaux pendant l'hiver. Que vos étables, vos bergeries, vos porcheries &c., soient entretenues bien nettes et bien aérées; que tous vos chevaux, vos poulins, vos bœufs, vos vaches, et vos veaux soient bouchonnés (frottés) et étrillés ou cardés tous les jours: vous les verrez bientôt prendre une nouvelle vigueur, profiter bien mieux de leur nourriture, et vous augmenterez considérablement la valeur des fumiers.

108. J'ai même vu certains cultivateurs qui cardent jieurs cochons en hiver, et qui les lavent en été. Ces animaux étaient très-gras et très-propres. On m'a assuré que ce petit soin ménageait beaucoup le grain, et je l'ai cra sans peine. Cependant, la vérité me force à dire que ces cultivateurs ne se trouvent pas à toutes les portes !

109. Règle générale, les Canadiens savent soigner leurs chevaux. Il n’y a guère de reproche à leur faire sous ce rapport. Mais je préférerais qu'on s’occupàt davantage du reste du bétail: car, il faut bien le reconnaitre, e bétail, pour la plupart des cultivateurs, est une plus grande source de richesse que ne le sont les chevaux. Pauvre bétail! Hiverné à la paille, qui n'est pas toujours de première qualité, et à l'eau glacée, grelottant ct gelant aux portes de granges, quelquefois roué de coups sur les grands chemins, couché la nuit dans une misérable étable, qui contient souvent plus de fumier que de litière : il souffre continuellement, et alors est-il étonnant de le trouver si faible et si chétif au printemps qu'il faille le lever par la queue? Quelquefois même, quand le fourrage est rare, on se considère heureux de n'en avoir perdu que deux ou trois têtes ! Encore, si nos pâturages étaient bons pendant l'été !

107. Ne point laisser errer les animaux; propertt dans les bâtiments; bouchonner les animaux.—108. Carder et laver les cochons; résultais.—109, Les Canadiens aiment leurs chevaux et les soignent bien; ils négligent souvent le bétail ; il souffre l'hiver.

110. Vous le savez, les excellents pâturages sont assez rares. Pour un cultivateur qui sème assez de graine fourragère dans ses fric'es, il y en a dix qui comptent uniquement sur l’herbe qui pousse toute seule, c'est-à-dire sur les mauvaises herbes ! Avec un semblable régime, comment peut-on compter sur de Û forts produits pendant l'été ? Est-il donc étonnant d'entendre dire que le bétail ne paye point ?

111. CHOIX DU BETAIL, CHEVAUX.—-A celui qui néglige ses animaux ou qui ne peut les nourrir suffisamment, il ne faut guère songer à parler de races améliorées. Mais pour ceux qui sont intelligents, soigneux, actifs, qui aiment le bétail et qui veulent en tirer profit, c'est tout différent. Une belle et bonne jument bien saine, accouplée avec un excellent étalon, donnera un poulin de grande valeur. Depuis l'importation, dans cette Province, de chevaux, Clydes ou Percherons, il n'est pas rare que l'on obtienne pour leurs poulins $200, $300, $400, et quelquefois beaucoup plus: tandis que les produits des mêmes juments avec des chevaux ordinaires se vendent rarement plus de $100. Et cependant, les dépenses d'élevage et d'entretien sont à peu près les mêmes.

112. LE CHEVAL CANADIEN.—Par ce qui précède, je suis loin de dire qu'il faille laisser perdre la race des chevaux canadiens pur sang. Malheureusement, on s’est laissé tenter par les prix énormes que nous offrent les Américains pour nos “ Canadian Ponies,’ tant estimés chez eux comme chevaux propres à tous les usages, et comme cheval de trait, et comme cheval de course. Aujourd’hui on peut à peine en trouver un seul. Tout de méme, les races ne se perdent point aussi facilement, et le gouvernement provincial rendrait grand service à l'agriculture, s’il offrait des primes considérables, à chaque exposition provinciale, pour les produits qui se rapprochent le f plus de notre ancien cheval, et cela, jusqu'à ce que le type canadien soit parfaitement retrouvé.

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