‹ Une leçon d'agriculture [microforme]Chapitre 20 sur 49 · CHEVAUX DE TRAVAIL.—L'estomac du cheval est · texte numérisé non relu

CHEVAUX DE TRAVAIL.—L'estomac du cheval est

110, Les pâturages sont souvent mauvais; les semis y sont trop clairs.— 111. Quand les races amé!iorées sont reeommandabies; choix des reproducteurs ; Clydes; Percherons; leur valeur.—112. Cheval canadien; en refaire la race; accorder des primes, dans ce but, aux expositions —113. Soins à donner aux chevaux de ‘vravail; leur apporter à manger et à boire dans les champs.

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comparativement petit ; il lui faut prendre souvent de la nourriture, surtout lorsqu'il travaille beaucoup. IT importe donc de faire boire et de faire manger les chevaux de travail à plusieurs reprises dans la journée. On ne devrait jamais leur donner de grain non moulu quand ils sont très-affamés, ou que leurs dents sont mauvaises ; car, alors, ils l'avalent sans le mâcher suffisamment, et une partie considérable se perd dans les déjections. On doit également éviter, avec le plus grand soin, de faire boire un cheval qui a bien chaud, surtout s'il doit rester arrêté. De même, faut-il attendre, pour lui donner de l’avoine, qu'il soit remis de ses fatigues. Quand les chevaux travaillent longtemps dans les champs, pendant les semences, par exemple, on devrait toujours y apporter du foin et de l’eau, et les faire manger après trois heures de travail consécutives. Le foin peut être mis dans un sac qu’on attachera à la tête du cheval; de cette manière il ne s’en perdra pas un brin. Quelques personnes soigneuses portent toujours avec elles un sac contenant du foin haché et de l'avoine, qu'ils passent dans le cou de leur cheval chaque fois qu'ils le font reposer. On ne peut trop recommander cette pratique.

114. SOINS A DONNER AUX POULINS.—La jument poulinière peut travailler tranquillement jusqu'au moment de pouliner, pourvu qu'on la traite avec prudence et avec soin. Mais du moment que le poulin est venu, tout travail suivi devrait cesser, si l’on veut réussir parfaitement. Un bon pâturage suffit ordinairement ; cependant, si la mère n’est pas laitière, on devrait

habituer le poulin à boire du lait de vache tout chaud. On

devra lui donner, en été, un abri contre les ardeurs du soleil, et, en hiver, le garantir complètement des rigueurs de la saison.

Néanmoins, il est bon de lui donner le plus de liberté possible au grand air, afin qu'il prenne autant d'exercice qu'il le voudra, jusqu'au moment de le dompter. Il faudra aussi "e panser, l'habituer au licol, lui faire donner les pattes, en

114. Quand on‘peut faire travaiiler les juments poulinières; nourriture convenable aux poulins; les abrter; exercice; les panser; les rendre doux et dociles; danger des pontages; box; terre sèche employée comme litière; enlever les fumiers de leurs box; nourriture qu’on dcit leur donner: foin de trèfle, carottes, grain moulu, bouette échaudée.

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un mot le rendre doux et docile. On ne devrait jamais l'hiverner sur un pontage quelconque : cela amouit et gâte la corne, et prédispose le jeune cheval à toutes les maladies dites de pattes. Ce qui vaut mieux, c'est un compartiment ou box non ponté, où le poulin sera le plus souvent libre. On y mettra, dès l'été, un pied à 18 pouces de terre sèche, autre que du sable, que l’on couvrira d'un peu de litière, ayant soin de ne point y laisser chauffer le fumier. Donnez pour nourriture du bon foin. Le trèfle, coupé vert et bien fait, est certainement le meilleur pour tous les animaux, excepté pour le cheval de route. Un peu de carottes, si vous en avez, fera un grand bien à vos chevaux, et surtout aux poulins. Donnez peu de grain, et qu'il soit moulu. Une bouette échaudée, contenant du son en grande partie et un peu d'orge LE moulue, est peut-être ce qu'il y a de mieux ; joignez-y du bon HN foin de trèfle et une abondante litière.

115. DRESSAGE (Doriptage)—Pour l'éleveur patient ct prudent, qui a rendu son poulin docile de longue main, rien n'est plus facile que de le dresser ou le dompter. Il ne s’agit plus que de l’habituer tranquillement et patiemment à ce que l'on veut lui faire faire. Ne l'effrayez jamais. Servez-vous du fouet le moins possible. Essayez plutôt la douceur et les caresses, tout en étant ferme et persévérant. Si vous n'avez point ces qualités, résignez-vous de suite à faire dompter votre poulin par quelqu'un qui les possède. Autrement, vous vous exposeriez à tout g’ter.

116. En Franr percherons se domptent à 18 mois, et gagnent leurs .-s à deux ans. Il est évident qu'il faut de grandes préc us, et ne jamais les forcer. Cependant, c'est

déjà un très-grand avantage que de pouvoir labourer une terre facile, herser, rouler, et faire la plupart des travaux du cultivateur avec un poulin que l’on prépare à la vente. C'est un poini, en faveur des percherons, à ajouter à leur docilité et à leur force prodigieuse, que les éleveurs ne doivent pas

115. Dressage. S'y prendre de longue main; patience, prudence et fermeié qu’exige le dressage: ménager l’usage du fouet; les caresses sont préférablies; quand employer un étranger.—116. Dressage du Percheron en France à 18 mois: précautions indispensables; avantages de cette race; les autres races se dressent à 3 et 4 ang.

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dédaigner. La plupart des autres races se domptent à 3 ans, mais ne doivent pas travailler avant quatre ans.

117. DES BETES A CORNES.—Voulez-vous du lait riche, des vaches rustiques qui produisent beaucoup en proportion des soins qu'elles reçoivent ? choisissez de bonnes vaches canadiennes. A soins égaux, elles vous donneront plus de profit en lait, en beurre et en fromage que toutes les races que je connaisse, et je crois en avoir vu de toutes les espèces les plus vantées. Elles vous donneront même d’excellent bœuf, si vous les tuez assez jeunes. Je sais que mon opinion n’est pas partagée par le plus grand nombre de nos éeveurs distingués, qui ne veulent pas mème reconnaître que nous avons une race canadienne bien distincte ; et c'est probablement pour cette raison que les meilleures vaches du pays ne trouvent pas même leurs places dans nos expositions provinciales ! Si depuis quinze ans seulement, on avait offert aux laitières canadiennes pures des primes égales à celles qu'on offre régulièrement pour cinq ou six races étrangères, qui ne les surpassent aucunement, et qui, pour la plupart, ne les valent pas pour le lait, on aurait probablement créé pour nos vaches laitières, dans les Etats- Unis, un marché qui serait une véritable fortune pour nos éleveurs soigneux. En effet, on importe aujourd’hui, de la Bretagne, à des prix fabuleux, des vaches qui, à part les belles apparences que donnent les bons soins, n'ont pas plus de mérite qu : les nôtres.

118. Les amateurs de races étrangères (étrangers eux-mêmes pour le plus grand nombre) me demandent quelquefois d'un air bien moqueur: Mais qu'est-ce qu'une vache canadienne ?— Je leur réponds: C'est tout bonnement la descendante, en ligne directe, de la meilleure laitière cotinue il y a 200 ans, la vache bretonne, de laquelle descendent également les races Jersey et

117. Bêtes à Cornes. Vaches laitières; race canadienne; les bonnes valent les meilleures races étrangères; elles sont aptes à s’engraisser facilement ; existe-t-il une race canadienne? ce que l’on devrait faire pour cette race; smportation de vaches bretonnes aux Etats-Unis.—118, D'où descendent nos vaches canadiennes ; la plupart r’ont aucun rroisement, elles sont susceptibles d’une grande amélioration; on vend ses meilleures vaches. Peu de soins que l’en apporte dans le choix des veaux. Le taureau provenant d’une bonne vache laitière engendre-t-il des produits qui aient cette qualité? Comment améliorer la rare; résultats possibles après 20 ans d’amélioratinu,

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Guernesey, les plus riches laitières d'aujourd'hui. Il serait facile d'établir que, dans presque toutes nos campagnes, le bétail descendant des premières importations dans le pays, s'est conservé parfaitement pur, et que c'est à peine si l’on trouve un animal croisé sur 100 bêtes. Malheureusement, comme je je disais plus haut, on a bien négligé notre bétail, et il est vraiment bien étonnant que la vache canadienne ait si bien conservé ses propriétés laitières. Cependant, il y a énormément à faire avant de pouvoir affirmer ,ue toutes nos vaches canadiennes soient bonnes. Le plus souvent le cultivateur vendra ses meilleures vaches laitières, il élèvera des veaux sans s'occuper des qualités de la mère. Quant au mâle, la plupart de nos éleveurs seraient étonnés d'entendre dire que ie taureau doit provenir d'excellentes laitières, qui, pendant plusieurs générations, se sont distinguées par cette qualité, si l'on veut queses descendants possèdent cette même propriété. Rien, pourtant, n'est plus vrai. (Commençons aujourd'hui à faire pour notre vache canadienne ce que les éleveurs d'Ayrshire, par exemple, ont fait et font encore pour les leurs, et dans vingt ans tout au plus, nous exporterons probablement nos laitières aux Etats-Unis, à des prix que l'on croirait fabuleux aujourd'hui. .

110. Il est vraiment étonnant de voir avec combien peu de soin la plupart de nos cultivateurs traitent leurs vaches. Aussitôt les mauvais temps d'automne arrivés, au lieu de les abriter soigneusement la nuit, et pendant les jours de pluie ou de neige, et de les nourrir abondamment à l'étable, les vaches grelottent dehors, sans même trouver une nourriture suffisante. ‘On devrait pourtant savoir que la moindre souffrance les fait tarir plus ou moins, et que ce qui est ainsi perdu ne se reprend plus qu'au vêlage suivant.

120. De même, faut-il traire les vaches avec le plus grand soin, se rappeler que les dernières gouttes de lait sont les

119. Soins à donner aux vaches laitières; les abriter et les nourrir à l'étable pendant les mauvais temps d'automne; ce qui fait tarir les vaches.—129. Traire les vaches avec soin; valeur des dernières gouttes de lait; -les empêcher de tarir ; les traiter avec douceur ; les flatter ; les traire souvent, sans bruit, vivement et régulièrement,

plus riches, et que les vaches qui ne sont'pas parfaitement égouttées, tariront bientôt. La vache laitière exige, de plus, la plus grande douceur. Pour lui faire donner du lait en abondance, il faut la flatter, la traire souvent, sans bruit, vivement, et toujours à la même heure.

121. Une autre erreur, bien commune dans notre pays, c'est d’hiverner misérablement la vache, en lui donnant à peine assez de nourriture pour qu’elle puisse se soutenir jusqu’au moment du vêlage; puis, aussitôt qu’elle est vêlée, on la bourre de grain et de bouette. On devrait plutôt la nourrir généreusement pendant qu’elle porte son veau, lui donner du son échaudé et de la meule de lin pendant le mois qui précède le vêlage et les quinze jours suivants. Après ce temps, on ne craindra plus la fièvre de lait, et l'on pourra donner à la vache la meilleure nourriture, se rappelant toujours que les boueftes chaudes, et les fourrages fermentés et un peu salés, feront donner beaucoup plus de lait que les mêmes aliments froids et secs.

122. Pour celui qui voudrait prcduire uniquement du bœuf de boucherie ou de gros veaux gras, il faudrait probablement utiliser les races étrangères, le Durham, le Hereford, \e Devon, .

l'Angus. Encore l'économie de ce procédé n'est-elle pas parfaitement établie.

123. SOINS A DONNER AUX VEAUX.——Une demi-livre de graine de lin, ou de meule de lin, échaudée plusieurs heures d'avance et donnée à la vache pendant le mois qui précède le vélage, préviendra tout accident, pourvu que les vaches ne soient pas trop grasses. Les meiileurs éleveurs de vaches laitières préfèrent séparer immédiatement le veau de sa mère. Onne permet pas même à celle-ci de voir son veau, qui est mis à l'écart et bien essuyé avec un bouchon de paille. On trait la vache, et l’on fait boire le veau d’abord 4 ou 5 fois

121, Erreur dans l’hivernement; comment nourrir les vaches laltières,— 122. Races de boucherie : Durham, Hereford, Devon, Angus.—:23. La meule ou la graine de lin échaudée facilite le vêlage. Séparer le veau de sa mère dès sa naissance; élevage à la main; nourriture: lait, éau de foin, soupe, farine d'avoine ; réchauffer ces aliments; ajouter un peu de foin sec; bon pâturage;

mettre le veau à l'abri de la pluie et du soleil; hiveruement: bon foin et légumes.

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par jour, puis trois fois par jour, à des heures régulières. Après quinze jours, on donne du lait écrémé, auquel on ajoute bientôt du jus de foin bouilli, de la soupe aux pois, ou de la farine d'avoine détrempée à l'eau chaude. Il faut, pendant tout ce temps, que ces aliments aient la chaleur du lait de vache récemment trait. On donne, dès les premiers jours, quelques brins de bon foin sec. Après six semaines, on pourra mettre le veau dans un bon pâturage, où il aura un bon abri contre la pluie et les ardeurs du soleil. On devra continuer le régime ci-haut indiqué pendant trois mois. Du bon foin de trèfle et quelques légumes forment le meilleur hivernement.

124. MOUTONS.—Règle générale, nos moutons laissent beaucoup à désirer, tant sous le rapport de la viande que sous celui de la laine. Pour lies améliorer, il {iudra leur donner une meilleure nourriture pendant l'hiver, de meilleurs pâturages pendant l'été. Cela fait, on se procurera le plus beau bélier possible, soit à l'exposition provinciale, soit aux expositions de comté, où l'on trouve les races qui ont été améliorées. Si l'on en a les moyens, on devrait de même acheter d'excellentes moufonnes. Avec de bonnes races et de bons soins, on

- verra bientôt doubler les profits de ce bétail si précieux. Renfermez vos béliers, pour que vous puissiez obtenir vos agneaux dans la saison convenable. Ne laissez jamais couvrir vos agnelles avant qu'elles aient 18 mois ; autrement elles resteraient chétives,et donneraient également de chétifs produits. Il faudra ne pas manquer de couper la queue de tous les agneaux et les agnelles avant qu'ils aient six semaines. Que vos bergeries soient bien closes et bien propres, sans être chaudes. En hiver, les moutons souffrent plus de la chaleur que du froid; mais il ne faut pas non plus que le vent ni la poudrerie arrivent dans la bergerie. Que les moutons y aient suffisamment d'espace,

124. Nos moutons laissent à désirer; leur amélioration; meilleur hivernement; meilleurs pâturages ; choix des béliers et des moutonnes; renfermer les béliers à certaine époque. Les agnelles ne devraient agneler qu’à 2 ans; couper la queue des agneaux à 6 semaines; les bergeries doivent être bien closes : sans être chaudes; la chaleur est plus dommageable que le froid; mettre les ÿ brebis à l’abri du vent et de la poudrerie ; espace nécessaire et exercice ; séparer les moutons malades et galeux; les laver avec du jus de tabac; du goudron sur le nez, protège contre les attaques des mouches ; leur donner des branches de sapin en hiver, etc.

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et qu'ils aient une cour où ils puissent se délasser. Séparez de suite les animaux malades, surtout les galeux. Un léger lavage avec du jus de tabac, aussitôt la tonte faite, les préservera de cette terrible maladie. Un peu de goudron que l'on étendra sur le nez des moutons, pendant l'été, les préservera des mala- ! dies de cerveau, qui sont assez communes. Il est bon de leur n. donner souvent, pendant l'hiver, des branches de sapin, de à cèdre ou de pruche. Ils en sont très-friands, et cela semble

les préserver de plusieurs maladies.

125. Il est bon de tondre les moutons dès les beaux jours à du printemps ; mais il faudra aussi les abriter soigneusement, à s’il survenait des vents très-froids ou de fort mauvais temps. 1e

126. COCHONS.—Nos cochons laissent ordinairement beaucoup à désirer, et leurs souilles sont presque toujours dans un 4 état dégoütant. Il est vrai que le porc aime à se vautrer dans à la boue pour se rafraîchir; mais il aime aussi la propreté, fl Mettez donc dans leurs bouges de la terre sèche en abondance, Li et un peu de litière ; surtout, chaque fois qu'il s’en exhalera le de mauvaises odeurs, enlevez et remplacez-les par d'autres {à litières : vous vous procurerez ainsi d'excellents fumiers, et Hi vos cochons profiteront davantage. Puis, nourrissez-les tou- # jours abondamment : vous ferez ainsi,avec la même quantité de f nourriture, beaucoup plus de lard et plus vite que si vous les laissiez pendant piusieurs mois entre la mort et la vie, crier et se battre sur les perronsdes maisan; ; ce qui 5e voit i dans beaucoup trop d’endroits. 4

127. Vous trouverez de même qu'avec de bons soins, les cochons des races Berkshire et Yorkshire sont bien plus faciles à engraisser, et qu'ils font, à la même nourriture, un tiers plus de lard que nos cochons ordinaires.

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