‹ Une lecture par jour, mosaïque littéraire, historique, morale et religieuse, composée de 365 pièces extraites des prosateurs françaisChapitre 10 sur 370 · LA FSTE BES ROIS · texte numérisé non relu

LA FSTE BES ROIS

De la fcve la royauté Ne rompt pas, comme à rordinaire , Cette touchante égalité (Jui n'cxiite plus sur la terre.

— Maréchax. —

Les cœurs simples ne se rappellent pas sans attendrissement ces heures d'épanchement où les familles se rassemblaient autour des gâteaux tjui retraçaient les présents des Mages. L'aïeul , retiré pendant le reste de l'année au fond de son appartement , reparaissait dans ce jour comme la divinité du foyer paternel. Ses petits enfants, qui, depuis longtemps, ne rêvaient que la fête attendue , entouraient ses genoux et le rajeunissaient de leur jeunesse*. Les fronts respiraient la gaité; les cœurs étaient épanouis; la salle du festin était décorée , et chacun prenait un vêtement nouveau; au choc des verres, aux éclats de la joie , on tirait au sort les royautés éphémères : on se passait un sceptre qui ne pesait point aux mains du monarque. Souvent une fraude, qui redoublait l'allégresse des sujets , et n'excitait que les plaintes de la souveraine, élevait au trône la fille du lieu et le fils du voisin nouvellement arrivé de l'armée. Les jeunes gens rougissaient , embarrasses qu'ils étaient de leur couronne ; les mères souriaient , et l'aïeul vidait sa coupe à la nouvelle reine 2. Le curé, présent à la fête, recevait, pour la distribuer avec d'autres secours, cotte première part, appelée la part des pauvres. Des

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jeux de l'ancien temps, un bal , dont quelque vieux serviteurétait le musicien. iMoIonj^eaient les plaisirs, et la maison tout eiilit're . nourrices, enfants, fermiers, domeslitpies. et maîtres, dansaient enscml>le la ronde antique.

— CBATEArBRlA>D. —

CBATEACBRIATfD [François-Auguste, vicomte de)

Né le 7 septembre i768, au château deCombourg, prés de Saint-Miilo.

Sa première jeunesse se passa dans la Brelaj^ne, au milieu d'une nature pittoresque et sauvage; c'est là (|u'il luiisa ces mélancoliques inspirations qui, plus tard, i)roduisirenl liéné qu'on a dit être son véritable portrait. Cet opuscule, si peu rempli d'événements, est surtout un drame intellectuel, palpitant d'intérêt, où l'auteur a si admirablement peint ce malaise d'un co'ur tourmenté par le vague des passions. Possédé de cette inrpiiétude sans repos. M. de Chateaubriand partit pour l'Amérique, peu de temps avant la révolution. 11 parcourut le IVouveau-Mimde. visita Washington et sa ré|)ublique naissante ; puis, errant de solitude en solitude, inspiré par les forêts vierges, l'aspect pittoresque des fleuves, le bruit des cataractes, les mœurs des habitants, il rêva les Natchez, et Atala, suave et délicieuse conception qui seule eût fondé la ré|)utation de son auteur. Le style de ces ouvrages est nouveau, comme les objets, comme la nature qu'ils décrivent.

La révolution le rappela en France; puis, ayant passé en .Angleterre, il y jinblia en ngs, son i)remier ouvrage politique : Essai sur les révolutions anciennes et modernes, considérées dans leurs rapports arec la rérolution française. La tendance de cet ouvrage, comme de tous ceux qu'il a écrits dans le même genre, est la fusion d'une sage liberté et des doctrines monarciiiciues. C'est alors qu'il commença son chef-d'œuvre, le Génie du christianisme, qui devait avoir tant d'influence sur le monde littéraire, et enfanter une si grande révolution dans les esprits, l'nblié en i802, cet admirable ouvrnge, qui couunenra la réaction religieuse continuée par MM. Frayssinous, de Donald et de La Mennais. obtint un su(!cés inoui dans les annales littéraires. Après ce triomphe, qu'il dut f» l'inspiration de la religion, il voulut visiter les lieux où elle avait pris naissance; et, en pieux pèlerin, il traversa la Grèce et l'Asie-Mineure pour se rendre à.lérusalem. Il revint des lieux saints par la côte d'Afrique où il visita les ruines de Carthage, et i)ar l'F.spagne où l'Alhambra, cet anticpie palais des califes, lui inspira Le dernier Abencerage. C'est à son retour (pi'il |)ubiia son Itinéraire, et ses Martyrs, hymne sublime, magnifique épopée, composée à la gloire de la religion. Passons rapidement sur ses écrits politi(pies. et arrivons ù la publication de son dernier ouvrage, ses Éludes hislorit/ues, œuvre cajiitale, non moins remarquable par la |iureté. la giavité et la richesse du style, qii"- i»ar la profondeur des pensées. Il est fâcheux que ((uelques pages de riilstoire des empereurs romains ne nous [)erinell<'iit pas de mettre cet ouvrage entre les mains de nos jeunes élèves. *

Expression recherchée et cependant assez

en usage aujourd'hui : de sa beauté une fille embellit sa mère.

■■' — Le tableau est complet ; l'amour même y trouve sa place, mais toujours avec le caractère patriarcal , et sous les yeux de la famille ; les joies mondaines y sont tempérées parla religion ; l'égalité |)araît être un des caractères de ces fêtes antiques.

Observation qénérale. Tableau ffracieux, simple et naïf, plein d'une douce et pieuse Rnité. Les images cpi'il renferme ont (pichpie cliose d'antique , de religieux et de patriarcal . qui touche l'âme et la reporte avec délice vers ccsheuicux temps de nos pères.

— 1715. — Mort de François de Salignac do La Molle Ff.nrlon , arclievêqne de Cambrai, et auteur du chefd'œuvre de notre langue.

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