DE LA VÉRITÉ
\>rite, b(*aii Uc-uve Que rWn n<* laril !
I Source où tout s'abreuve !
Tige où tout fleurit!
Lampe que Dieu pose Près de toute ciuse ! Clarté que la eliose Envoie a Cespril !
— V. Hugo, —
Le premier besoin , comme le premier bien de l'homme , c'est la vérité : oui , vérité dans la religion, qui, en nous donnant des idées hautes et pures de la Divinité, nous apprend à lui rendre des hommages dignes d'elle; vérité dans la morale, qui trace leurs devoirs à toutes les conditions, sans rigorisme comme sans mollesse ; vérité dans la politique , qui , en" rendant l'autorité plus juste et les sujets plus soumis, sauve les gouvernements des passions de la multitude et la multitude de la tyrannie des gouvernements; vérité dans les tribunaux, qui fait i)âlir le vice , rassure l'innocence , et amène le triomphe de la justice; vérité dans l'éducation , qui , mettant en accord les doctrines et la conduite, fait que les instituteurs ne sont pas inoins les modèles cpie les maîtres de l'enfance et de la jeunesse ; vérité dans les lettres et les arts , qui les préserve de la contagion du mauvais goilt , des faux ornements comme des fausses pensées ; vérité dans le commerce de la vie, qui, en bannissaut la fraude et l'imposture, fait la srtreté commune '. Vérité en tout, vérité avant tout : voilii , a\i fond , ce que cherche, par les désirs secrets de son cœur, le genre humain tout entier^; tous les j)euples ont compris que la vérité est utile, et cpic le mensonge est nuisible.
Kl, en riVct, lors<pie les véritables doctrines sont universellement enseignées, qu'elles ont péiH-lré dans les cœurs, qu'elles animent toutes les classes de la société , si elles n'arrêtent pas tous les désordres, elles auront du
moins l'avantage d'en arrêter un grand nombre 3 ; elles seront fécondes en sentiments généreux , en actions vertueuses, et l'on sentira (jue la vérité est pour le corps social un prin- <ipe de vie *. Oue si, au contraire l'erreur sur des choses capUales vient à dominer dans les esprits , surtout dans ceux qui sont appelés ;i servir de guides et de modèles, elle les égarera , les jettera dans de fausses routes, et, vn corrompant les pensées, les sentiments et les actions . elle deviendra un principe de dissolution et de mort.
Depuis un siècle surtout, quel choc d'opinions opposées parmi nous! que de systèmes lenversés par d'autres systèmes ! que de paradoxes révoltants ! Et l'histoire religieuse , politique et littéraire de la France, qu'est-elle autre chose , depuis cent ans , que l'histoire du combat de toutes les erreurs contre toutes les vérités ^? Combat soutenu d'abord par la plume et plus tard par le glaive , et dont l'issue fut pour un temps la destruction apparente de la religion et de la monarchie s. Une chose qu'il faut bien remarquer, c'est que tous les combattants, le sectaire comme l'orthodoxe, le sophiste comme le philosophe, l'impie comme le chrétien , le démagogue^ comme le défenseur du trône , tous faisaient profession de marcher sous les drapeaux de la vérité; et ceux qui étaient armés contre elle se seraient regardés comme vaincus , s'ils eussent reconnu qu'ils étaient enrôlés sous les bannières du mensonge.
— L'abbé de Frayssinous. —
(Voyez le 3i janvier.)
' — On pourrait reprocher à cette belle énuméralion les rapports divergents du pronom qui d'où il résulte une espèce d'équivoque, que toutefois le sens lève facilement.
2 — Ce but éternel et sublime que cherche le genre humain tout entier c'est Dieu lui-même; en lui est la vérité, Vêlre; hors de lui, c'est l'erreur, le néant. L'intelligence humaine, toujours perfectible, satisfait donc au besoin de sa nature , en approchant sans cesse de la vérité, et en sondant Vêtre de plus en plus; mais quelquefois, par son caractère même de perfectibilité libre , elle aboutit à l'erreur et creuse le néant.
^ — Elles ont du moins l'avantage eût été plus grammatical et plus logique. Le futur convient aux phrases suivantes, qu'un point devrait séparer de celle qui précède.
■* — La vérité est la même pour tous; elle brille sur le monde intellectuel, comme le soleil sur le monde physique ; tous les yeux voient la lumière.
^ — Cette réflexion appliquée à notre histoire littéraire peut soulever de longs débats. En ce genre . la vérité est, plus qu'on ne pense , difficile A connaître et surtout à établir. Nous nous bornerons à rappeler ici un mot très-profond de M. Charles Nodier : Rien de nouveau n'est sûr.
^ — Le dix-huitième siècle semble avoir eu pour mission de détruire l'édifice religieux et .so-
cial ; mais heureusement qu'à toute époque critique succède une époque organique , et que toujours l'avenir relève les ruines du passé.
'' — Du grec démos, peuple, et agô , je conduis. Chef d'une faction populaire : ce mot se dit aussi de ceux qui forment cette faction.
— 1835. — Seconde représentation de la Fille de l'Avare, sur le théAtre du Gymnase, drame, par MM. Bayard et Paul Duport.
MORT DE L'AVAKE GKANDET.
11 met toutf sa gloire ei son souverain liico A grossir un trésor qui ne lui sert de rien.