‹ Une lecture par jour, mosaïque littéraire, historique, morale et religieuse, composée de 365 pièces extraites des prosateurs françaisChapitre 143 sur 370 · CHARLES IX ET CATHERINE DE MEDICIS · texte numérisé non relu

CHARLES IX ET CATHERINE DE MEDICIS

tn ^rdrs, tPA (laltrurt , ta couronne rst m poiiilrr ;

Ricn ne pe ul te délciidrc . et rien ne peut t'ab&oudrc.

— Ljtiav.i. —

Quel asseniMajje de contradictions dans ce Charles ix, hypocrite et violent, despollcjue' et façonné à l'obéissance , défemîant au Parlement de se mêler des ilfaircs politiques , et capable d'écouler la voix de l'ilospilal qui lui

parle des droits de la nation '! i] déteste les (iiiises, et leur confie son autorité 5- il respecte Coligny comme un père , et consent à l'assassiner *; jaloux de l'ascentlant de sa mère, il obéit sans cesse, et ne se révolte (lu'aii bout de treize ans de servitude, pendant lesquels il ne laisse |)araitre que »les accès de colère s. Le commerce des lettres , l'amour des arts, ne peuvent dompter en lui un instinct de férocité, qui éclate enfin lorsque le moment est venu d'asî>ouvir sa soif tlu sang. Alors sa fureur ne se contient pUis : il tire sur ses propres sujets qui fuient la mort « , jl se promène au milieu des scènes de carnage, et va contempler à .Montfaucon les restes mutilés de l'amiral suspendu aux founlies patibulaires 7! \ oilà l'ouvrage des corrupteurs d'un roi et des leçous de Catherine de Medicis «? (piel monstre tpie cette femme cruelle et débauchée, ambitieuse et impie! elle remplit In cour et la iMance de ses intrigues; la guerre civile est le fruit de sa perfidie; et, quand les maux sont parvenus à leur comble '■*, quand il n'y a plus de remède au péril oij elle a engage le gouvernement, quand elle a enlacé son fils dans di's chaînes qu'il ne peut briser que par un crime, elle prépare un massacre au milieu d'une fête, et cache les arrêts de mort sous des caresses. Les victimes de Tibère lisaient' du moins leur sort sur le front glacé de leur juge '".

— TiSSOT. — (Voyez le 27 mai.)

* — Despotique, s'applique aux choses. Un gouvernement est despotique; mais un homme est despote.

' — Michel de l'Hospital — c'est ainsi qu'il signait—na(|uil en isos à Aigueperse, en .\uvergne. Surintendant des finances, en 1554, il entra ensuite au conseil d'État et parvint à la charge de chancelier de France. Catherine, trop emjxtrlée jmur approuver ses vues i)acifi(iues. le fil exclure i\\\ conseil, et il alla vivre dans la retraite 011 il s'adonna à la ciilUiredes lettres. Il mourut le lô mars 1573.

^ — Les Guises. Henri, duc de Guise, w en tsso, et \c cardinal de Guiss, son frère, tous deux assassinés à Blois,eni588. par lesoidres de //pwniii, étaient op|)Osés ù la fois à la cour et au calvinisme. Henri de Guise avait foulé aux pieds le cadavre de l'amiral Coligny-

* — Gaspard île Coligny, célèbre amiral de France, né en 1617 à Chatilion-sur-Loing. A la mort de Henri 11. il devint chef des calvinistes et se rendit formidable aux Guises. Il fut la première victime de rhorril)le massacre de la Suint-ltarthclemy, en 1572.

* — C'est-fi-dire qu'il manifeste par des accès de colère, son impatience du joug maternel.

6 — Les calvinistes fuyaient pour échapper aux coups des assassins; le Iloi tirait de sa fenêtre (au Louvre) sur ceux qui se trouvaient à la portée de son ar<iuebuse.

î — Montfaucon était le lieu où s'élevait alors le princi|)al gibet , celui où l'on exposait les sup-

pliciés. Ce lieu est situé au nord ilc la barrière du Combat, et au sud des l)»lles Sainl-Chaumont ; c'est le lieu le plus infect des environs de Faris.

8 — roilà l'œur te scrn'il ici l'expression propre.

9 — ^Irrité, en parlant des clioscs, convient mieux que parvenu, l'arvvnir c'est arriver au but qu'on se proposait ; orrirerse dit du lermeauquel les choses tendent par leur nature : il se dit encore des événements fortuits et des accidents.

'0 — C'était là une singulière consolation ; on ne voit pas d'ailleurs ce (|ue les victimes de Catherine pouvaient envier à celles de Tibère.

Observation générale. Le caractère irrésolu, lâche et cruel de Charles ix est peint avec vérité dans celte page. L'influence corrupiricp de sa mère, l'astuce, la perfidie de celte reine . sont énergiqiiement caractérisées ; le style en est brillant , mais inégal.

— 1453. — Fin du massacre à Constantinople , par les troupes «le ^Va/io/nei m, qui, depuis deux jours, était Diaitre de cette ville.

Époque de la destruction de l'Empire grec.

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